Réseau libertaire Brume Noire (Québec) : « Agir au niveau local et communautaire »

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Le Réseau libertaire Brume noire s’est formé en 2018 en Gaspésie, un territoire à l’est de la province du Québec. Il nous présente ses orientations et son fonctionnement.

Alternative libertaire : Pouvez-vous nous présenter le réseau Brume noire, ses objectifs et sa stratégie  ?

Brume Noire est née de discussions sur l’anarchisme. Après plusieurs rassemblements réussis, une envie d’organisation, et en réaction à un événement de nature haineuse dans un bar local, une assemblée spontanée a été lancée lors d’un barbecue antiraciste. L’objectif du Réseau est de rassembler des libertaires, ayant des tactiques similaires ou différentes, afin de partager leurs expériences ou former des comités.

Les objectifs sont variés selon les luttes discutées. Le Réseau n’a pas de fonction précise tel un comité ou collectif. Les actions se font au niveau local et communautaire principalement à des fins d’éducation populaire, de soutiens des organismes ou projets en place et de création de pratiques alternatives. AL : Quelle est votre implantation au sein des organisations syndicales ?

Brume Noire :Certains des membres sont ou étaient des membres de syndicats (usines de poissons, associations étudiantes, usines d’éoliennes, etc.). Le Réseau appuie les luttes syndicales dans l’optique des travailleurs et des travailleuses. Il s’agit d’aider à l’amélioration de leurs conditions et non de supporter des entités gouvernementales.

Il n’existe pas, comme en Europe par exemple, de syndicats révolutionnaires au soit-disant Québec, à l’exception des Industrial Workers of the World (IWW) et de quelques autres petites structures, mais plutôt des instances légales telles que la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

AL : La participation et la construction de centres sociaux autogérés fait-elle également partie de votre stratégie ?

Brume Noire : Certains membres sont présentement en train de créer des coopératives de solidarités ou font parties de collectifs autogérés (artistiques, maraichers, organisation sociale). Ce sont des alternatives que nous soutenons. Le Réseau peut faire la promotion des divers événements ou activités que ces collectifs proposent. AL : Quelles relations avez-vous avec les Premières Nations ?

Brume Noire : Le Réseau se positionne en solidarité avec les Premières Nations locales, soit les Mi’gmaq (L’nu). Selon les luttes, ils et elles peuvent compter sur nous. Cela ne signifie pas que nous devons être présents, il s’agit aussi pour les gens privilégiés du Réseau de comprendre leur position coloniale. Le Réseau peut offrir le soutien aux membres qui désirent appuyer les membres des Premières Nations. Nous étions présents à la marche de solidarité avec les enfants autochtones des pensionnats.

Certains membres du Réseau sont issus de nations autochtones. Il faut comprendre que les Premières Nations ne sont pas nécessairement, comme nous, des libertaires et que nous tentons de nous impliquer dans les luttes en lien avec les enjeux et valeurs du Réseau Brume noire.

AL : Comment voyez-vous l’évolution de la politique au Québec ?

Brume Noire : Il faudrait définir « la politique » pour mieux répondre à cette question. Le Réseau n’est pas en faveur du système électoral actuel. Certains membres votent, d’autres non, mais tous et toutes s’entendent sur l’importance du municipalisme, l’un des seuls leviers politiques pouvant apporter un pouvoir aux citoyens et citoyennes. Au niveau provincial la politique est très conservatrice et avance vers la privatisation. De mégas projets touchant l’environnement sont en cours et prévus pour le futur.

AL : Quelles sont vos relations avec les organisations libertaires à l’international ?

Brume Noire : Nous tentons d’organiser des événements pouvant permettre de pouvoir s’informer sur les luttes internationales. Par exemple, lors d’une cuisine collective populaire, avec les pompiers antifascistes du Brésil afin de récolter de l’argent pour leur campagne.

Il est difficile pour le Réseau d’entretenir certaines relations à l’international et d’administrer certains types d’activités vu sa nature communicative plutôt qu’incitative.

Propos recueillis par la Commission internationale de l’UCL

 
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