Santé : La gynécologie en danger

Version imprimable de cet article Version imprimable


La gynécologie est une spécificité française. Grâce à elle, l’espérance de vie des femmes s’est nettement améliorée : dépistage précoce des cancers féminins, utilisation individualisée des contraceptifs... mais elle est toujours en danger.

Trop peu de postes sont ouverts en gynécologie : trente en 2012 contre cent trente en 1986 ! Si ce chiffre n’augmente pas significativement dans les années à venir c’est la disparition à terme de la gynécologie en France. La possibilité pour les femmes de confier leur suivi gynécologique au spécialiste formé pour cela est ainsi remise en cause, et avec elle la prévention.

C’est pourtant grâce à ce suivi que le nombre de cancers du col de l’utérus a été divisé par quatre en vingt ans, la mortalité réduite de moitié et qu’il y a une baisse de la mortalité pour le cancer du sein avec un des meilleurs taux de survie. C’est aussi grâce à la gynécologie que les femmes peuvent bénéficier d’une contraception adaptée.

Que font les politiques ?

Le comité de défense de la gynécologie médicale a été reçu le lundi 8 octobre au ministère de la Santé, où il a fait part de son extrême inquiétude quant à la santé des femmes. Pour l’instant aucune augmentation du nombre de gynécologues médicaux n’est envisagée. Encore une fois les socialistes poursuivent la politique de la droite et sacrifient la santé des femmes en se réfugiant derrière les Agences régionales de santé (ARS) créées par le gouvernement Sarko pour gérer et administrer la santé [1].

Ce sont elles qui sont chargées de proposer le nombre de postes d’internes, à partir de la reconnaissance des besoins. Ce qui serait une procédure technique et non une volonté politique ! Alors que c’est pourtant bien une volonté politique que de ne pas doter la santé d’un budget conséquent.

Un recul social

Les ARS considèrent ainsi que 0,5 gynécologue médical pour 5 000 femmes en Auvergne, ou 0,8 gynécologue médical pour 5 000 femmes en Île-de-France sont suffisants, selon les préconisations de l’Ordre des médecins. Or, selon l’Observatoire national de la démographie des professions de santé, les effectifs actuels ne permettent plus qu’à un quart des femmes en âge de consulter d’avoir accès à leur spécialiste [2]. Selon l’Ined et de l’Inserm cette fois, à propos des 20-24 ans, « le suivi gynécologique a par ailleurs diminué chez ces jeunes femmes : en 2010, 12,2 % d’entre elles déclarent ne pas avoir de suivi habituel, contre 6,9 % en 2000 ».

Et la situation risque de s’aggraver, car près de la moitié des gynécologues (48 %) vont partir en retraite dans les cinq ans à venir. Encore une régression sociale pour les femmes !

Agnès (AL Toulouse)

[1La loi du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires, créée les Agences régionales de santé (art. 118). Elles sont le pilier de la réforme du système de santé

[2Rapport de février 2011.

 
☰ Accès rapide
Retour en haut