Service public : La casse continue chez La Poste ? Les luttes aussi !

La situation est de plus en plus invivable à La Poste, tant pour les salariées que pour les usagers et usagères. Les grèves se multiplient depuis 6 mois... la répression également.
Ce sont plus de 1,2 million de plis qui sont en retard en France. Ce chiffre, révélé par le syndicat SUD PTT le 22 janvier, fait tache. D’autant plus que près de 20 000 emplois au service courrier de La Poste ont été supprimés en 4 ans, et ce malgré des bénéfices record (1,41 milliards d’euros en 2024). Les patrons accélèrent même la suppression des boîtes jaunes collectant les lettres.
Alors que se tient le 13e congrès SUD PTT (du 12 au 16 mai), les luttes sont à l’honneur. Des dizaines de grèves locales ont eu lieu récemment contre les « réorganisations » rebaptisées « projets importants et adaptations ». Sous l’appellation « d’innovations », il s’agit en réalité d’une baisse des services. Citons la « distribution monotypée », c’est-à-dire ne distribuer le courrier qu’un jour sur deux, ou encore la « tournée mixte », à savoir la distribution des courriers et colis selon les directives d’une intelligence articifielle en test à Aurillac (15) et Doué-La-Fontaine (49).
À Orléans (45), « La Poste a changé de braquet concernant les réorganisations de services », affirme SUD PTT. Le centre de tri devient à la fois un centre de distribution du courrier et des colis, et un centre de logistique. Le tri du courrier se fait désormais à Wissous (91), à plus de 100 km, sans que la charge de travail ne soit tenable. D’où plusieurs grèves depuis 2 ans dont la dernière a commencé le 14 mai. Un an plus tôt, 22 000 lettres étaient en souffrance à Orléans et depuis, la charge de travail n’a cessé d’augmenter.
La seule réponse de la direction de La Poste est de multiplier les conseils de discipline contre D. Sempé, le secrétaire de SUD PTT du Loiret, notamment pour « prises de parole non autorisées ». Une accusation habituelle mais vide de sens juridiquement parlant.
Cette même accusation a été utilisée contre cinq SUDistes des Hauts-de-Seine. Le plus connu d’entre eux est Gaël Quirrante, licencié en mars 2018 pour une « séquestration » de cadres lors d’une grève de... 2010 ! Ce licenciement, à rebours des conclusions de la contre-enquête réalisée par la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DIRECCTE), a pourtant été refusé par l’inspection du travail. Ce qui n’a pas empêché X. Bertrand puis M. Pénicaud, alors ministres du Travail, de contredire leurs services et de valider le licenciement.
Les 16 mois de grève pour obtenir la réintégration de celui qui reste secrétaire départemental SUD Poste 92 débouchent sur un accord sur les réorganisations uniquement. En effet, la direction de La Poste préfère, comme à chaque fois, épuiser les voies judiciaires... et perdre comme dans le cas de Y. Le Merrer, réintégré en mai 2017.
Pour l’affaire Gaël Quirante, La Poste risque une condamnation en Cour européenne des droits de l’Homme. Mais ce n’est pas ça qui arrête les patrons : depuis l’été 2021 et la mise en place des CSE, deux tiers des 100 procédures disciplinaires dans le 92 ont visé des militantes, militants, sympatisantes et sympathisants SUDistes.
Profitant de la mise en place des CSE, les patrons de La Poste éradiquent toutes formes de négociations avec les syndicats. Mobilisons-nous comme à l’occasion du procès des cinq de SUD PTT 92 ! [1]
Nico (UCL Tours)





