Stop pesticides ! Mobilisation collective contre le capital chimique !




Après un été marqué par un retour en force de la dérégulation des intrants chimiques grâce la loi d’urgence agricole votée en juillet ; après les cris de colères poussés par les victimes des pesticides et les agriculteur-ices qui se succèdent depuis des mois, la résistance contre l’empoisonnement des sols et des corps prend un nouveau souffle ce 3 octobre. Menée de front par le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest, la Confédération Paysanne, Cancer Colère et les Soulèvements de la Terre, la contre-offensive passe un cap et cible cette fois un site de production d’une des plus grosses firmes de l’industrie des phyto-sanitaires : l’usine de Syngenta à Saint-Pierre-la-Garenne (27).

Derrière l’explosion du nombre de cancer (qui ont doublé ces trente dernières années), se trouve la logique du profit capitaliste qui nous prend aujourd’hui en tenaille : d’un côté elle laisse prospérer l’industrie phyto-sanitaire qui empoisonnent les sols, l’eau et la nourriture, de l’autre elle affaiblit les services de santé publiques dont nous dépendons derrière pour nous soigner. Pire encore, la plupart de ses firmes fabriquent d’un côté les poisons et de l’autre les remèdes pour en venir à bout. Ils font aussi du cancer un marché à rentabiliser.

Nos terres et notre santé ne sont pas des marchés !

S’attaquer aux firmes c’est donc s’attaquer à la racine du problème des pesticides : le capital de la chimie. L’industrie, organisée en oligopole, structure le marché à son avantage : elle use de son pouvoir sur les dirigeants de la classe agricole et de ses relais politiques pour imposer un modèle industriel qui organise la dépendance des exploitations à ses produits au détriment de l’autonomie des paysanes.

Comme nous le montre la convergence des associations, organisations et syndicats, il faut aujourd’hui pointer du doigt la responsabilité du capital de l’agrochimie dans le désastre sanitaire qui voit le nombre de malades se multiplier chaque année.

Ce travail commun entre agriculteurices et victimes des pesticides a le mérite d’ouvrir une voie aux révolutionnaires. Elle permet de montrer que la classe agricole n’est pas unifiée autour d’intérêts bourgeois, mais qu’elle est traversée de luttes internes dans lesquelles il faut savoir se positionner : c’est à dire, aux côtés des paysanes exploitées, dans la lutte qu’ils mènent pour des conditions de travail et de vie digne. La lutte contre la dépendance aux intrants chimiques est en première ligne de ce combat car, rappelons le, les travailleureuses agricoles sont les premiers malades des pesticides. Les industriels comme Syngenta sont ainsi à combattre de front car ils poussent, aux côtés de la bourgeoisie, à un modèle agricole ne suivant que leur intérêts et ne profitant qu’à une poignée de gros exploitants. Tant pis pour la viabilité des autres exploitations et pour la santé des populations et des écosystèmes.

L’angle politique nous permet aussi de mettre en cause l’industrie phyto-sanitaire en tant le fer de lance du colonialisme chimique. La grande majorité des pesticides cancérigènes interdits en Europe continuent d’être produits chez nous et exportés dans les pays du Sud comme au Brésil. Pays où Syngenta exportait du T produit à ST pierre jusqu’en 2023. La firme est également impliquée dans la guerre coloniale israëlienne en fournissant les herbicides nécessaires à la destruction des cultures à l’état génocidaire via sa filiale Adama.

Cibler les firmes de l’industrie phyto-sanitaire permet la construction d’un espace d’échange avec les travailleureuses de la chimie. C’est en ce sens que la fédération Sud chimie appelle à soutenir la mobilisation du 3 octobre. Contre l’industrie des pesticides et contre le capital, nous devons intensifier le rapport de force : être toujours plus nombreux.euses dans les rues et favoriser les alliances avec travailleureuses agricoles et celleseux de la chimie. La lutte pour une société durable n’est pas l’ennemie des travailleureuses et nous avons le devoir de repenser ensemble une autre production.

Face à l’urgence climatique : action collective !


Tract stop pesticides !
 
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