Syndicalisme : l’unité est décidément un combat !

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Des mois à se battre ensemble contre la loi travail… Face aux épreuves qui nous attendent, le syndicalisme de lutte devrait emprunter plus résolument encore le chemin de l’unité. Pourtant, la confédération CGT a fait récemment le choix d’attaquer en justice le Syndicat des travailleurs corses (STC) et le syndicat basque LAB.

Le 4 juillet dernier, le tribunal d’instance de Paris, saisi par la CFDT, la CGC, la CGT et FO, invalidait les listes du Syndicat des travailleurs corses (STC) déposées pour le scrutin dans les très petites entreprises et associations (TPE/TPA) prévu du 28 novembre au 12 décembre prochain. La CGT a quant à elle décidé de s’attaquer seule à LAB (Langile Abertzaleen Batzordeak) avec les mêmes arguments. Le 4 août, le verdict tombait : les listes de LAB étaient invalidées. Banale concurrence entre organisations guignant les voix des salarié-e-s ?

Ce serait déjà une atteinte au pluralisme des organisations syndicales. Dans un long communiqué, Solidaires a fait quelques rappels utiles sur l’ancrage de ces structures : « Aux élections prud’homales, aux élections professionnelles, aux élections TPE, le STC est la première force syndicale en Corse. Au Pays basque nord, LAB était la deuxième organisation syndicale lors des élections TPE de 2012, la troisième lors des élections prud’homales de 2008. »

Ce qui ressort des moyens soulevés dans les procédures contre STC et LAB 1 laisse malheureusement présager pire. À l’appui de l’invalidation de ses listes, il a en effet été considéré que « sous couvert de droit syndical et de protection des droits des salariés » STC et LAB poursuivaient « une action politique spécifique ». Le STC comme LAB lient effectivement émancipation sociale et émancipation nationale, indépendances de la Corse et du Pays basque. Soit. Que l’on approuve ou pas ce projet, en portant le fer sur l’action « politique » du syndicalisme, c’est à un jeu dangereux que se prête la CGT. Car, depuis son origine, le syndicalisme poursuit précisément un but « politique ».

Misère du syndicalisme « apolitique »

Or quand on parle « d’émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste » (selon les propres termes de la charte ­d’Amiens), c’est la finalité profondément politique de l’action syndicale (au sens noble du terme) qui est rappelée. Le nier, c’est ramener le syndicalisme à un rôle de simple « agent de dialogue social » qui perdrait alors grandement de sa force mobilisatrice.

C’est sans doute ce qu’ont compris de nombreuses équipes et militants et militantes CGT. Outre les voies discordantes, comme celle des Communistes libertaires de la CGT, ce sont aussi des syndicats qui ont dénoncé ces attaques. Réunies le 10 août, ces structures ont notamment décidé de continuer d’interpeller leur confédération. Et le 15 septembre en Corse et au Pays basque, les syndicalistes de lutte seront ensemble dans l’action.

Nous n’avons vraiment pas besoin de patriotisme d’organisation et la mobilisation commune contre la loi travail ne doit pas être une parenthèse unitaire : elle doit être le ferment d’un syndicalisme incarnant plus que jamais un autre futur, donnant corps à nos solidarités.

Théo Rival (AL Orléans)

 
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