Syndicalisme

Transports publics : après Transdev, la conflictualité ne peut que grimper

Version imprimable de cet article Version imprimable


Après des semaines de lutte contre un « accord-socle » qui impactait leur salaire et leurs conditions de travail, les salarié·es de Transdev Île-de-France reprennent progressivement le travail après un accord de fin de conflit. Une belle expérience qui va compter pour la suite !

L’« accord-socle » de Transdev, c’est une conséquence de l’ouverture à la concurrence des transports publics franciliens. A partir de 2023, les lignes Transilien seront concernées  ; à partir de 2025, ce seront les réseaux de bus RATP  ; à partir de 2030, les tramways RATP  ; en 2040 ce sera le métro parisien lui-même  ! Mais dès 2021, les réseaux de bus de la grande couronne parisienne sont concernés, et l’appel d’offres lancé par la Région Île-de-France a été rem­porté par Transdev.

Ce ­groupe, qui emploie 83 000 salarié·es et pèse plus de 7,6 milliards de chiffre d’affaires, a largement raboté les conquis sociaux des salarié·es pour gagner en compétitivité. L’accord-socle se substitue en effet à tous les accords précédemment signés, qu’ils portent sur les conditions de travail (amplitude des services, temps de travail, heures sup’...) ou sur les rémunérations (prime nettoyage tenue, prime repas…). Résultat, une grève massive dans différents dépôts de bus pendant près de deux mois.

Mardi 2 novembre, le travail a repris sur le site de Vulaines-sur-Seine (77), l’un des plus combatifs, où la grève aura duré sept semaines. Un accord de fin de conflit a été signé, comme dans les autres établissements. En effet, la direction a bien compris qu’elle avait intérêt à jouer les négociations dépôt par dépôt pour limiter la convergence des grévistes. Le contenu des accords varie donc d’un site à l’autre : maintien de certaines primes ou réduction des baisses de salaires, ce qui n’est pas rien.

En outre ces accords entérinent l’abandon des procédures disciplinaires contre les grévistes et le retrait des plaintes déposées pour blocage ou dégradation. Même si certains de ces accords semblent décevants au vu de l’intensité du bras de fer, la démonstration est tout de même faite que la lutte paye car la direction a reculé sur plusieurs points. Et surtout, quelle expérience accumulée pour les grévistes ! Cela comptera pour la suite.

La privatisation va multiplier les conflits

Perspectives à venir ? Partout dans le pays, la grande majorité des salarié·es et usager·es des réseaux urbains et interurbains sont déjà pénalisé·es par la gestion privée du service public des transports.

Début novembre, Transdev a par exemple remporté l’appel d’offres pour l’exploitation de la ligne ferroviaire Marseille-Toulon-Nice à partir de 2025. De nouvelles délégations de service public vont être attribuées dans les mois à venir, et d’au­tres salarié·es vont connaître les mêmes attaques que les Transdev. Et les conflits sont déjà nombreux dans le transport urbain et interurbain : Orléans, Le Mans, Montpellier ou Grenoble... le ras le bol se généralise.

Il est donc temps de mettre en place une riposte d’ampleur nationale, et c’est précisément ce à quoi toutes et tous les militants du secteur doivent s’employer en provoquant des assemblées générales, des réunions syndicales, pour réfléchir et s’organiser. Sans aucun doute, le transport de voyageurs sera un secteur chaud de l’année à venir.

Alexis (UCL Saint-Denis)

 
☰ Accès rapide
Retour en haut