Unité d’action contre les licenciements

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Souvenez-vous du printemps 2001 : Lu-Danone, Marks & Spencer, Péchiney… Les salarié(e)s des entreprises en lutte contre les licenciements se coordonnaient pour lancer une grande manifestation, le 9 juin 2001. Alors que la lutte et la campagne de boycott de Danone marquaient le climat social en France, les confédérations syndicales traînaient les pieds et ne faisaient rien pour aider le mouvement : à l’époque, les « copains » de la « gauche plurielle » étaient au pouvoir et il ne fallait pas les gêner alors que l’élection présidentielle s’annonçait déjà.

Février-mars 2003 : Raffarin a remplacé Jospin, la guerre contre l’Irak occulte une vague de licenciements considérable. De nouveau les confédérations ne bougent guère. Les équipes syndicales de boîtes en lutte entament une coordination qui aboutira à un coup d’éclat le 21 mars.

Alors que la Confédération européenne des syndicats (CES, sociale-libérale, à laquelle sont affiliés UNSA, CGT, CFDT, CFTC et FO) appelle à des manifestations pour l’Europe sociale sur les mots d’ordre les plus mous et vagues possibles, 1 500 à 2 000 personnes venant de Daewoo, ACT Manufacturing, Air Lib, Alstom, Lu-Danone, des emplois-jeunes en lutte, d’AC !, des syndiqué(e)s CGT, CFDT, FO, CNT et SUD, assez remonté(e)s, prennent la tête de la manifestation, devant les bureaucrates. Les Metaleurop, qui manifestent à Bruxelles, sont les grands absents ce jour-là. Isabelle Banny (UL-CGT de Longwy) et Marc Taillefer (ACT Manufacturing) interpellent Bernard Thibault sous l’œil des caméras.

Cette manifestation plutôt réussie et à la tonalité assez vindicative (on y chantera deux fois L’Internationale) devait avoir une suite, le 26 avril.

Mais le semi-échec des Assises contre les licenciements, tenues à Paris le 5 avril à l’appel des Lu-Danone, n’a pas permis de maintenir la dynamique. Les boîtes en lutte « poids-lourds » du mouvement ont été assez peu présentes, tant dans l’organisation que dans les débats après le 21 mars. L’éclatement géographique des sites concernés (d’Angers à Longwy) et l’absence de relais confédéral (la CGT notamment porte une lourde responsabilité, une fois de plus) n’auront pas permis que le mouvement se pérennise. Nous reparlerons de tout cela le 3 mai, aux Rencontres libertaires « Syndicalisme et mouvement social », organisées par la branche entreprises/mouvement social d’Alternative libertaire le samedi 3 mai à Montreuil-sous-Bois.

Guillaume Davranche (AL Paris-Sud)

 
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