Vengeance d’Etat

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Vendredi 14 décembre, le scénario écrit à quatre mains par les gouvernants français et italiens, et joué par les juges de la cour d’appel de Versailles, a dévoilé, dans le silence étouffant des médias, son dramatique dénouement. Le verdict d’extradition a été confirmé à la barbe des droits de l’homme, envoyant Marina purger une peine à perpétuité en Italie et prolongeant le cycle de la vengeance d’état.

Accusée par des repentis qui ont monnayé et acquis de cette manière leur liberté, Marina a été jugée par contumace il y a 20 ans, par une justice sous l’égide de lois d’exception, avec des juges soumis à la pression du politique et une jurisprudence expéditive à la botte de l’état italien alors animé par la volonté de tourner rapidement une de ses pages les plus sombres. L’histoire finira par le dévoiler, ces organisations politiques radicales - fussent-elles subversives - avaient réussi durant la décennie de leur existence, le long des années ’70, à mettre à jour, parmi d’autres dossiers occultes, la connivence entre l’état, les services secrets, l’extrême droite et les divers attentats téléguidés par la C.I.A. dont le but à l’époque, était de criminaliser et annihiler le mouvement d’opposition de gauche à ce moment-là très fort. Ces jeunes groupes extrémistes ont cru pouvoir neutraliser dans un combat aussi frontal que naïf, qui se voulait à armes « égales », ce volet macabre du pouvoir étatique.

Marina a ainsi été condamnée sans aucune preuve, pour des faits de sang revendiqués par les BR à l’époque de son très jeune engagement dans ses rangs. Elle a déjà fait 7 années de prison en Italie. Pour échapper à cette machinerie judiciaire infernale, lors d’une permission en 1993, Marina a fui en France avec sa première fille. Depuis 15 ans, cette femme qui avait déjà subi les affres d’un accouchement en milieu pénitentiaire, s’est paisiblement reconstituée une nouvelle famille dans les Haut-de-Seine et est pleinement insérée dans la société par son activité professionnelle dans le secteur social.

En 1993, le président Mitterand avait depuis longtemps engagé sa parole et voulu que la France donne l’asile politique à tous ces italiens accusés par une justice arbitraire et un état crispé sur la vengeance, car il avait compris la nécessité d’un pardon solennel comme condition nécessaire à un apaisement de toutes les parties.

L’actuel président, qui invite le sympathique Kaddafi (juste après une déclaration de celui-ci ne reniant pas le terrorisme) dans le but de lui vendre des réacteurs nucléaires, n’a pas hésité à casser une fois de plus (après Paolo Persichetti et Cesare Battisti) cette PAROLE DONNEE, et sans vergogne, enferme la « dangereuse terroriste italienne » dans les geôles de la France.

Actuellement, Marina, après 4 mois de détention, est en grève de la faim depuis 15 jours. Son mari Hamed, qui a la charge de leur fille Emma de 10 ans, est lui aussi en grève de la faim. Le collectif de soutien les relaiera par un jeûne tournant à partir de jeudi 20/12 au siège du FASTI au 58 rue des Amandiers à Paris.

Il est urgent de s’indigner, de protester, d’aller sur place et de montrer notre SOLIDARITÉ avec Marina, cette femme et mère de famille, doublement privée de justice et de droits : dans son pays d’origine et dans son pays d’accueil.

Aussi, nous demandons la libération de Marina et l’amnistie pour elle et tous les italiens qui sont encore poursuivis par cette vengeance sans fin.

Aller ici : http://www.paroledonnee.info/ pour signer l’Appel, cliquez sur l’onglet Marina P. tout à gauche du menu de présentation.

 
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