AL Educ n°6 (mai 2008) : Casse de l’école, face à leur mépris, ripostons !

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Profs et usagers de l’école : Sarko et Darcos nous méprisent… Organisons nous et préparons une riposte à la hauteur ! La casse de l’école est en cours, et ils veulent la poursuivre !

Toutes les attaques portées cette année contre l’école, et celles qui sont prévues pour l’an prochain participent du même projet capitaliste et réactionnaire. Le gouvernement se moque bien du droit des enfants à une école digne de ce nom, et des droits des personnels.

Ce qu’il veut, c’est casser les services publics pour financer les cadeaux fiscaux aux contribuables les plus aisés et aux patrons, mais aussi, à terme, pour les privatiser et offrir aux patrons de nouveaux et juteux marchés. Au mépris de l’égalité du droit à l’éducation. L’argent public sert à financer massivement l’enseignement privé, il doit servir exclusivement à l’enseignement public !

Il veut aussi casser les droits et statuts des personnels, droits qui sont assimilés à des « rigidités », introduire de plus en plus d’emplois précaires, afin de disposer d’une main-d’œuvre corvéable à merci sur le modèle de l’entreprise capitaliste. Au mépris des droits des travailleurs de l’éducation nationale (EN), comme de tous les autres (voir la casse du droit du travail).

Ainsi cette année, ce sont pour le second degré des dizaines de milliers de suppressions de postes, le projet de casse des BEP. Dans le primaire, ce sont des programmes réactionnaires, l’annualisation de fait du traitement de la difficulté scolaire, deux heures en moins et la disparition programmée des RASED, l’organisation du non remplacement des profs, le fichage des élèves (Base élève), mais aussi la chasse aux jeunes sans papiers…

Et l’an prochain, on peut s’attendre à de nouvelles suppressions massives de postes, la mise en œuvre du rapport Pochard, du livre blanc sur la fonction Publique, qui vont tous dans le même sens de casse de « l’offre » éducative et des statuts des personnels.

Personnels de l’Education et usagers : mêmes intérêts et même mépris de la part du pouvoir

Face à ces attaques sans précédent qui sacrifient aux intérêts patronaux les fondamentaux de l’école publique, comme le droit pour tous à une éducation de qualité, et les acquis sociaux de celles et ceux qui la font tourner, personnels et usagers ont bien compris qu’ils avaient les mêmes intérêts. C’est évidemment l’intérêt de toute la population, en particulier des classes populaires, d’avoir un service public d’éducation digne de ce nom. Ainsi, le 15, le 18, le 22 et le 24 mai, profs et parents ont défilé ensemble, malgré les efforts de Sarkozy et Darcos pour les opposer.

La seule réponse du pouvoir a été le mépris : « défilez autant que vous voulez, on s’en tape ! ». Ce qui permet une telle arrogance, c’est que pour le moment, la politique de Sarkozy et largement impopulaire et contestée, mais dans l’éparpillement. Pour le forcer à stopper ces régressions sociales, il faut absolument une contre offensive majeure, bien au-delà des mobilisations actuelles.

Continuer la mobilisation et préparer dès maintenant une confrontation majeure

Dans l’EN, face à la gravité des attaques et à la surdité du pouvoir, on ne fera pas l’économie d’une épreuve de force avec le gouvernement. Des mobilisations sont en cours depuis des mois, réunissant lycéens, professeurs, instits, parents. Mais on sent bien qu’elles ne sont pas encore suffisantes pour faire reculer Darcos et Sarkozy. D’autant plus que les directions syndicales majoritaires semblent se refuser à s’appuyer sur ces mobilisations pour engager la confrontation, et réitèrent la « stratégie » inefficace des temps « forts », une grève de 24 heure tous les deux mois, qui épuise tout le monde et n’effraie personne.

Il est alors nécessaire de mettre en perspective un mouvement beaucoup plus dur et massif (grève reconductible et/ou blocage des examens, etc) et de le préparer dès maintenant, depuis la base. Même si un tel mouvement peut ne pas avoir lieu d’ici juin, il ne s’agit pas de reporter la lutte aux calendes grecques, au contraire, il faut maintenir et augmenter la pression pour construire une riposte à la hauteur des enjeux, même si cela n’est possible qu’à partir de la rentrée.

C’est en nous organisant, en multipliant les AG sur notre lieu de travail, les réunions dans les quartiers, dans nos syndicats, en informant profs et usagers sur la gravité des attaques, en débattant des moyens d’action, en agissant dès maintenant (par exemple, lors de la manif du 24 mai, le boycott des nouveaux programmes- voir l’appel « Bolivar » ), en nous coordonnant que nous ferons bouger les choses et que nous préparerons une contre offensive suffisamment forte.

Ripostons !
 
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