Synthèse n°3 (1er avril 2016)

Manifs du 31 mars : Le flot monte

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[Photos] Il y avait bien le double de manifestantes et de manifestants que lors de la journée du 9 mars. Incontestablement, ce n’est pas encore le raz de marée, mais la situation reste explosive. Synthèse sur l’état de la mobilisation par le secrétariat Entreprises d’AL.

Le temps archi-pourri a largement freiné la mobilisation et les apparitions (diff, ventes de journaux...). Pourtant et au delà de la bataille sur les chiffres réels (1,2 millions avancés par les syndicats) il y avait bien, y compris selon la police, le double de manifestantes et de manifestants que lors de la journée du 9 mars.

Si la grève a été moins forte à la SNCF [1], plus d’entreprises ont connu des arrêts de travail. 200 lycées fermés selon l’Éducation nationale. Des centaines d’écoles primaires aussi.

On a même vu dans la rue certains secteurs de la CFDT, Métallurgie, Culture... parfois sans drapeaux pour échapper à la répression bureaucratique qui a déjà décapité l’union locale CFDT de Montpellier. L’Unsa-RATP (officiellement sur des revendications de boîte pour ne pas être en porte-à-faux) appelait également à la grève.

Incontestablement, ce n’est pas encore le raz de marée mais ça monte !

L’appel « On bloque tout » a réussi sa première apparition publique dans les cortèges de plusieurs villes. On approche des 1000 signatures individuelles. Une petite vingtaine de structures syndicales l’ont également signé.

Les violences policières augmentent aussi avec une centaine d’arrestations dans une dizaine de villes.

Dans les villes, des AG intersyndicales et interpro se mettent en place et prennent des initiatives locales : rassemblements, manifs, filtrage ou blocage, présence en soutien aux blocages de lycées et de facs...

Dans la foulée de la manifestation parisienne, alors que la pluie cessait enfin, plusieurs centaines de personnes ont participé à la Nuit debout, pour échanger autour de prises de parole spontanées.

Au plan national, l’intersyndicale au complet persiste à mobiliser pour le retrait de la loi. Avec un calendrier correctement ajusté : journée « jeunes » le 5 avril, manif tous ensemble le samedi 9. Petit problème, l’appel à la grève en est le grand absent...

Il faut reconnaitre par ailleurs que la majorité des militants syndicaux, y compris les signataires d’« On bloque tout » restent prudents sur la possibilité, à ce stade, d’un démarrage de grève en reconductible. C’est pourtant en faveur d’une généralisation de la grève que nous devons argumenter, en rappelant que les grandes manifs de 2010 sur les retraites n’avaient pas suffi pour gagner.

Dans l’immédiat les militants et les militants doivent se montrer créatifs pour organiser des initiatives qui poussent les feux dans les villes, dans les zones industrielles, dans les branches professionnelles.

Enfin, tout en organisant la lutte contre la loi El Khomri, il ne faut pas oublier de parler plus largement de changer la société, de l’émanciper du capitalisme : réunions publiques, discussions à l’occasion des ventes de journaux et des diff de tracts, présence devant les entreprises, les lycées et les facs, les marchés... le courant communiste libertaire a des choses à dire !

Secrétariat Entreprises d’AL, 1er avril 2016


Le 31 mars à Paris, sous la pluie

Photos : Vincent/AL Paris-Sud

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Photos : Vincent/AL Paris-Sud

[1Le 9 la grève était à l’appel de CGT, SUD-Rail, UNSA, CFDT et FO ; le 31 ce n’était que CGT et SUD-Rail et FO... et avec un refus de la fédération CGT de poser un préavis national. Problème : trop d’équipes syndicales, sous prétexte de coller au terrain (ce qui est nécessaire) ne parlent que de questions « internes » à la SNCF et ne font pas le lien avec le mouvement interprofessionnel sur la loi Travail. Il y a pourtant nécessité d’insister sur l’articulation dialectique entre les deux...

 
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