Logement Rue de la Banque : La victoire est proche !

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Depuis le 3 octobre, jusqu’à 200 personnes campent sur le trottoir de la rue de la Banque, devant le « Ministère de la crise du logement ». Initiée par Droit au logement (DAL) – et rejointe par le Comité des sans-logis (CDSL) et le Comité actions logement CAL) – cette lutte qui concernait au départ 150 familles en regroupe aujourd’hui plus de 370.

La lutte de la rue de la Banque n’est pas une partie de plaisir. Il faut compter avec le froid, le bruit, et surtout avec les attaques policières. À six reprises, les forces de l’ordre sont intervenues pour « nettoyer » le trottoir de ce quartier bourgeois de Paris des « gêneurs ». Le scénario est à chaque fois le même : le soir ou le petit matin, les flics encerclent les familles, embarquent les militants, puis éloignent du trottoir les femmes et les hommes et confisquent leurs tentes et duvets. Ensuite, selon les cas, plusieurs stratégies : cordons policiers filtrants les allées et venues pour bloquer tout apport de matériel, voire de nourriture ; équipes de nuit interdisant à toute personne de s’allonger et de s’asseoir sur le trottoir ; voire bouclage total de la rue. Le blocage total a fait long feu, la police n’ayant pas d’appui légal pour interdire l’accès au bâtiment à ses occupants (voir encadré). Il a donc fallu mener une guerre de position pour sauvegarder chaque mètre carré. Face à tant d’obstination, le dispositif policier a fini par être levé. Après un mois et une quinzaine de blessé-e-s.

Des soutiens essentiels

Les soutiens ont beaucoup compté pour les familles : personnalités, associations internationales (Attac, Réseau No Vox, etc.), organisations caritatives et surtout celui des organisations politiques (LCR, AL, Verts, PCF, PS) et syndicales (FSU, Solidaires, CGT-Finance). Des convergences ponctuelles avec d’autres luttes ont eu lieu, comme avec les manifestants contre les franchises médicales ou les étudiants et les salariés grévistes.

Les familles, presque toutes d’origine étrangère, sont en situation régulière et travaillent, mais leurs revenus ne sont pas suffisants pour payer les loyers exorbitants des hôtels insalubres, dits « sociaux » : de 1 500 à 3 000 euros mensuels pour une chambre de 10 m2 ! Les services sociaux paient la différence, en leur laissant 5 ou 6 euros par jour et par personne pour vivre. Un système plus coûteux pour la collectivité que la construction de logements sociaux, et qui maintient dans un dénuement extrême des dizaines de milliers de mal logés.

À l’heure où nous mettons sous presse, l’espoir d’une issue positive est fort. Vendredi 23 novembre, après plusieurs rendez-vous infructueux avec le cabinet de Christine Boutin, une délégation a été reçue par Sarkozy. La négociation devrait déboucher sur le relogement des familles en lutte. Le même jour, François Hollande s’est rendu rue de la Banque, reprenant à son compte les principales revendications portées par les associations : préemption, voire réquisition des logements vacants, plan de construction de logements sociaux, hébergement provisoire dans le parc privé, programme qu’il prétend faire appliquer par les municipalités PS. Au vu de l’action désastreuse en matière de logements du gouvernement Jospin, on peut douter de ces promesses électoralistes. Mais la lutte exemplaire de la rue de la Banque a poussé les responsables politiques à prendre position. Gageons qu’elle ne sera pas la dernière et qu’il faudra d’autres mobilisations de ce type pour faire reconnaître enfin à Sarko, Hollande et consorts qu’« un toit c’est un droit » !

Sébastien (CAL Paris-Est)

<titre|titre=Ministère de la crise du logement> Le bâtiment où se déroule la lutte, au 24 rue de la Banque, a été réquisitionné le 31 décembre 2006 plusieurs associations (MACAQ, Jeudi noir et DAL). Assez rapidement, des négociations ont eu lieu entre les occupants, la mairie de Paris et la Lyonnaise des Banques, propriétaire du lieu. Elles ont aboutit au rachat de l’immeuble par la mairie qui doit le transformer en 21 logements sociaux. Dans l’intervalle, une convention permet aux organisations qui l’occupent d’y organiser diverses activités (débats, projections, etc.)

 
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