Occupation de la bourse du travail par la CSP75 : pourrissement et division

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Le 2 mai, la Coordination des sans-papiers 75 (CSP 75) commençait l’occupation de l’annexe Charlot de la bourse du travail de Paris, qui héberge l’Union départementale CGT, suite à une tentative de dépôt de dossiers en préfecture. Cette dernière, refusant de prendre en compte ces demandes de régularisation, a renvoyé la CSP75 s’adresser à la CGT. Dont acte.

Deux jours après le lancement des grèves par la CGT, la CSP75 a demandé à rencontrer le syndicat pour se joindre au mouvement. Quatre réunions avec R. Chauveau se sont succédées et demande fut faite à la CSP75 qu’elle fournisse les coordonnées d’entreprises où travaillent plusieurs de leur membres afin d’y construire un mouvement de grève ensemble. La coordination n’a pu répondre à cette demande et lorsque est arrivée la proposition d’Hortefeux d’examen de 1 000 demandes de régularisation (et non pas de régularisation automatique !), la CGT a « oublié » de contacter son partenaire potentiel. Elle a déposé les 600 dossiers des grévistes, plus ceux des équipes prêtes à partir en grève et ceux des femmes du secteur d’aide à la personne, isolées et solidaires du mouvement depuis le début.

Un dialogue de sourd s’installe

La CSP75 s’est sentie trahie. Ne pas être co-organisatrice de ce mouvement, au même titre que Droits devant !!, c’est mettre en péril sa propre légitimité, son utilité, son existence même et celle des structures d’auto-organisation des sans-papiers.

L’absence de contact formel avec les différents groupes de défense des sans-papiers (CSP 75, RESF, etc.) en amont des actions de grève, la méconnaissance de l’organisation syndicale par une bonne part de la CSP 75 pour qui la CGT est un « syndicat mondial » [sic] dont on attend des solutions de l’ordre du « magique » (voir les revendications du 2 mai : la CGT doit « appeler Hortefeux » pour lui demander 1 000 dossiers de plus ou glisser 500 dossiers de ses membres dans les 1000 – déjà – déposés), la difficulté, en terme de nombre de militants, pour la CGT de tenir les sites en grève et de convaincre les plus tièdes de trouver une issue « par le haut » à cette occupation et de soutenir donc ceux qui occupent leurs propres locaux syndicaux, montrent à quel point la situation est complexe.

Les forces syndicales, en général, se trouvent débordées par l’afflux des demandes et construisent pas à pas la deuxième vague de grève avec occupation et - bien sûr - cela ne va pas assez vite : mais comment faire ?

Une grève des sans-papiers n’est viable que dans l’entreprise et avec le soutien d’une organisation syndicale, contrairement à l’illusion que constituait l’appel à la « grève nationale de tous les sans-papiers » le vendredi 16 mai lancée par la CSP75 et qui n’a eu guère d’écho.

En attendant, les occupants de la bourse, qui se disent en grève, sont en train de perdre leur boulot et sont aussi fatigués que ceux qui le sont déjà depuis plus d’un mois sur les différents sites et qui ne vivent que du soutien des caisses de solidarité !

Clo (AL 93)

 
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