VIIIe Congrès d’AL : Une impulsion nouvelle

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Du 27 au 29 octobre se tenait le VIIIe congrès d’Alternative libertaire près d’Agen. Malgré un planning plein à craquer de débats à trancher et de décisions à prendre, l’assemblée biennale des groupes et des militantes et des militants d’AL a bouclé ses travaux dans de bonnes conditions. Aperçu très partiel des différentes discussions.

Le VIIIe congrès d’Alternative libertaire s’est achevé dimanche 30 octobre à Agen, après trois jours de débats intenses. Un peu plus d’une centaine de personnes avait fait le déplacement de toute la France, issues de la presque totalité des groupes locaux d’AL, puisque même un représentant de Guyane avait fait le déplacement.

Après avoir validé le bilan d’activité de l’organisation sur les trois dernières années, le congrès a adopté huit motions tant sur des sujets généralistes (stratégie des mouvements sociaux, antipatriarcat, jeunesse) que sur des thèmes précis (lutte contre les licenciements, religions et antiracisme, développement et écologie, prostitution, etc.). Un congrès d’Alternative libertaire n’a en effet pas vocation à réaffirmer cycliquement les « méfaits du capitalisme », la « beauté de nos idéaux » et la « nécessité de la révolution sociale ». Le souci est d’analyser régulièrement les forces à l’œuvre dans la société et dans les mouvements sociaux, d’identifier les leviers d’action et de définir une stratégie d’intervention : des objectifs à court et moyen terme sans cesse réévalués pour une finalité anticapitaliste et révolutionnaire constante.

Quatre grandes secousses

L’analyse de la période n’étant pas fondamentalement différente de celle qui avait été faite en novembre 2004 lors du congrès d’Angers, la motion d’orientation générale, intitulée « De la radicalisation de la jeunesse à la revitalisation des mouvements sociaux », met donc l’accent sur les éléments nouveaux dans la lutte des classes : « Les années 2005 et 2006 ont principalement été marquées par quatre grandes secousses politiques qui ont, à des moments et des degrés divers, pris le mouvement social en défaut. Quelles ont été ces quatre grandes secousses ?
- Le mouvement lycéen du printemps 2005 qui a été exceptionnel par son ampleur, sa durée et sa radicalité ;
- le refus du Traité constitutionnel européen, battu par référendum le 29 mai 2005 après une intense campagne qui a traversé toute la société française ;
- la vague d’émeutes dans les banlieues qui, en novembre 2005, a poussé le gouvernement à décréter l’état d’urgence ;
- le mouvement contre le CPE du premier trimestre 2006.

À l’occasion de ces quatre grandes secousses, le mouvement social dans son ensemble est resté relativement en retrait politiquement. Nous avons sans doute sous-estimé les effets dévastateurs de la défaite sur les retraites de 2003 notamment, et les conséquences de ce qui s’est appelé la “grève par délégation”, dans le sens où les mobilisations au sein des entreprises ont reposé pour l’essentiel sur les mêmes secteurs (Éducation nationale, SNCF…), aujourd’hui épuisés.

Peu poussées par une base tiède depuis la défaite sur les retraites, les organisations syndicales – y compris les plus combatives – sont restées très prudentes, voire attentistes, là où la situation aurait commandé de faire preuve de volontarisme. […] La problématique essentielle de l’après-CPE est donc la suivante : comment la radicalité et la combativité exprimées par une partie de la jeunesse en 2005-2006 peuvent-elles alimenter et régénérer le mouvement social ? »

Le débat a beaucoup porté sur les stratégies et les pratiques syndicales. Certains ont posé la question de faire émerger une expression syndicaliste révolutionnaire, ou pour le moins « critique », plus visible au sein de la CGT ou des Sud. D’autres ont estimé que cela faisait courir un risque de fractionnisme auquel le courant communiste libertaire est étranger.

Luttes de la jeunesse

La lutte contre la précarité semble être le point de convergence naturel, comme l’affirme la motion d’orientation rédigée par la branche Jeunesse : « La situation des jeunes travailleur-se-s et des précaires en général fait pression sur les travailleur-e-s jouissant encore d’une situation stable, en mobilisant et en rentabilisant une “armée de réserve” de plus en plus dépendante et obligée de rentrer dans la concurrence généralisée entre travailleur-se-s. Cette situation est juteuse pour beaucoup de monde : non seulement patrons mais aussi bailleurs ou banquiers qui vendent “prêts étudiants” et crédits de toutes sortes. »

Les luttes très massives sur les campus en 2006 sont dues en partie à la concentration de jeunes salarié-e-s précaires qu’on y trouve. « Une telle concentration, couplée avec des facilités pour “faire grève”, est la raison évidente des mobilisations de ces dernières années sur des questions relevant bel et bien du salariat.

Problème pourtant : lieu de concentration de travailleur-se-s précaires, les facs ne sont pas des lieux de production, et leur blocage ne gêne pas le patronat. » Pas de « jeunisme » possible donc. « La problématique évidente devient alors : comment faire déborder ces mobilisations vers les lieux de production ? Cette question est essentielle : pour augmenter la contradiction et l’affrontement de classe, la prise de conscience des travailleur-se-s de leur place dans les rapports de production et l’action qui en découle – le blocage économique par la grève – est essentiel.

Par ailleurs, pour que cette fraction étudiante, qui reste minoritaire au sein du précariat et qui n’inclut pas sa partie la plus démunie qui n’a pas accès à la fac, soit une possible force d’entraînement pour le reste du salariat, il faudra bien que la jonction s’opère sur les lieux de production. » Dans cette logique, il est crucial « d’affermir les liens interprofessionnels dans les syndicats » : par exemple, « tenir une permanence juridique syndicale sur un campus, vu la concentration d’étudiant-e-s salarié-e-s, ne serait certainement pas du temps perdu. Sans compter la portée symbolique importante d’une telle démarche ».

Antipatriarcat et anarchisme

Autre temps fort du congrès, le débat sur le texte « Antipatriarcat, antisexisme, féminisme : des enjeux centraux dans un projet de société libertaire et égalitaire », rédigé par la commission antipatriarcat. Après une profonde analyse des diverses formes de l’oppression de genre, le texte estime « nécessaire d’établir des priorités en termes d’actions concrètes et à court terme. En attendant (et en préparant !) la révolution sociale, sexuée et sexuelle, nous proposons d’intervenir dans le cadre contraignant de notre société réelle, sur des points précis ».

Et d’énumérer les champs d’action :
- « Égalité professionnelle : car malgré les lois, les inégalités professionnelles persistent. Il ne s’agit pas que d’inégalités salariales, mais de concentration et de ségrégation professionnelle horizontale (les femmes sont majoritairement cantonnées dans 6 catégories socioprofessionnelles sur les 31 définies par l’Insee), et verticale (elles n’ont majoritairement pas le même accès aux métiers “prestigieux” et aux postes à responsabilité). […] L’égalité professionnelle ne peut se réaliser effectivement que si l’accès des femmes à des salaires et des déroulements de carrières équivalents à ceux des hommes se double d’un réinvestissement des hommes dans les sphères extérieures au travail, notamment domestiques, impliquant une nécessaire révolution des mentalités.
- Précarité : car en lien avec ce qui précède, et dans le prolongement des rapports domestiques évoqués plus haut, les femmes sont les premières touchées par la précarisation croissante de pans entiers de population en France.
[…] Ces situations engendrent une plus grande dépendance financière et une fragilité sociale qui rendent plus difficiles la réaction à la domination des hommes et aux violences sexistes.
- Pratiques militantes et démocratie dans les luttes et les mouvements : car dans les organisations comme les mouvements, les femmes sont moins représentées et visibles, même lorsqu’elles sont présentes. L’intervention sociale et politique reste considérée comme une activité masculine, ce qui limite l’investissement des femmes dans ces espaces.
[…]
-  Droit à disposer de son corps et liberté sexuelle : car si des droits existent, ils peuvent être remis en cause comme nous l’avons rappelé plus haut. Les attaques récurrentes contre le droit à l’avortement en sont un exemple. Mais plus encore, et l’avortement qui n’est toujours pas réellement dépénalisé l’atteste encore, l’apparente progression de droits et des mentalités en la matière cache des résistances massives au changement de conception de la sexualité, du couple et de la famille. Le débat actuel sur l’homoparentalité, parmi d’autres, en témoigne. […]
-  Luttes contre les violences sexistes : une des manifestations importantes du sexisme est la violence largement répandue contre le corps des femmes, à travers le viol, les coups, les meurtres. […] De même, les gays, les lesbiennes et les trans sont victimes de violences physiques […]. »

Quant à la prostitution, une des violences les plus courantes faites aux personnes, elle a fait l’objet d’une résolution spécifique, classant Alternative libertaire dans le courant « abolitionniste » souhaitant l’extinction de la prostitution, en opposition aux « prohibitionnistes » de l’école Sarkozy qui font la chasse aux prostitué-e-s ou aux « réglementaristes » qui souhaitent l’institutionnalisation de la prostitution. L’abolition de la prostitution résultera de la lutte contre l’insécurité sociale et contre le système patriarcal. « Nous défendrons ces moyens dans toutes les luttes et en particulier dans les luttes féministes. Nous ne participerons pas aux luttes revendiquant des droits attachés au “métier” ou au statut de prostituées, mais, avec les prostituées, aux luttes universelles qui les concernent aussi (lutte pour les droits sociaux universels, lutte contre les lois sécuritaires). »

Écologie et socialisme

Dans son n° 153 (été 2006), Alternative libertaire avait publié la motion en discussion « Face au défi écologique, trois révolutions sont nécessaires ». Visant une interprétation anticapitaliste et de classe de la notion de décroissance, elle a été adoptée sans grande modification. Rappelons ses prémisses : « Depuis des décennies, les anticapitalistes posent à juste titre la question de la redistribution des richesses entre le Nord et le Sud. Cependant, dans l’imaginaire commun, la “redistribution des richesses” signifie faire cesser le pillage du tiers-monde par l’Occident, pour permettre aux peuples du Sud d’atteindre un niveau de développement équivalent. Pour schématiser, cette revendication peut se résumer à celle d’un rattrapage du “niveau de vie” du Nord par celui du Sud.

Or ce vieux schéma est bousculé dans son simplisme dès lors que certains pays sont concrètement en train de “prendre leur part” de ce gâteau qu’est la planète Terre, et que cela accélère la destruction des grands équilibres écologiques. L’avènement, en premier lieu, de la Chine et de l’Inde comme puissances industrielles, politiques et militaires oblige les révolutionnaires à repenser de fond en comble la question du modèle de développement.

Avec la crise écologique planétaire, personne ne peut plus nier que le socialisme sera incompatible avec le productivisme et la consommation de masse. En effet, sans revenir aux thèses catastrophistes de Malthus, force est de constater que les ressources de la planète ne sont pas inépuisables. Elles pourraient subvenir aux besoins de l’humanité, mais seulement si elles étaient utilisées de façon raisonnable et rationnelle, c’est-à-dire à l’exact opposé de la logique capitaliste qui en elle-même est source de déséquilibre. »

Pour ce qui est des questions internationales, le congrès d’AL a évoqué la fusion, au même moment, à Vienne (Autriche) de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL, social-démocrate) et de la Confédération mondiale du travail (CMT, chrétienne). La Confédération syndicale internationale (CSI), qui en résulte, « devrait encore amplifier le poids de la voie syndicale qui a choisit l’intégration aux valeurs du marché plutôt que le combat pour l’obtention de nouveaux droits sociaux. Il est à noter que la direction confédérale de la CGT française est fortement engagée dans ce processus de fusion, sans que cela fasse l’objet d’un véritable débat interne dans la confédération ».

Lutte contre les licenciements

Dans la continuité des débats menés aux congrès d’Orléans (2002) et d’Angers (2004), l’organisation a poursuivi la réflexion sur la lutte contre les licenciements. Lors des deux précédents congrès, le consensus ne s’était établi que sur l’orientation de « réquisition/autogestion des entreprises » qui ferment alors qu’elles font des profits. Le mot d’ordre de « droit de veto des travailleur-se-s sur les licenciements » avait lui été constamment repoussé.

Cette année, c’est finalement un texte avec une pluralité de propositions cohérentes qui a été adopté. « C’est dans les luttes qu’on porte le mieux les revendications, explique-t-il. Et c’est l’opposition aux licenciements collectifs (Renault, Michelin, Danone, Marks & Spencer, Cellatex…) qui ces dix dernières années a polarisé et cristallisé les débats sur les licenciements et les délocalisations, et les moyens de s’y opposer. Plutôt que simplement s’en remettre à une formule incantatoire (“Interdiction des licenciements”) ou exclusivement l’appel abstrait à une réforme (“Sécurité sociale professionnelle”), nous estimons que c’est une batterie d’idées et de revendications qu’il faut mettre en débat et faire vivre dans les luttes. »

En premier lieu, et dans le cadre syndical, « organiser les travailleur-se-s […] contre le terrorisme patronal au niveau de leur branche, de leur bassin d’emploi mais aussi à l’échelle internationale en se solidarisant avec les luttes des travailleur-se-s des pays de l’Est et du Sud, ces derniers se prolétarisant à grande échelle, dans un processus inverse des pays du Nord anciennement industrialisés ».

En second lieu, « développer la solidarité est également une des conditions essentielles pour ne pas s’isoler. […] L’impulsion de collectifs de soutien locaux associant la population locale à la lutte est le meilleur moyen de porter la question sur la place publique et de faire d’un sujet concernant une entreprise particulière un sujet concernant toute la société, comme ce fut le cas avec Lu-Danone et la dynamique du boycott, autour de Levi’s (Lille), d’ACT Manufacturing (Angers)ou de ST Microelectronics (Rennes) qui a donné naissance au collectif Résistance 2004. » Une autre idée ? « Revendiquer la mutualisation des responsabilités patronales [1]

L’idée est de créer une garantie interprofessionnelle, dans laquelle les droits seraient attachés à la personne salariée et non plus à l’entreprise pour laquelle elle travaille. […] Cette idée s’inscrit dans une logique de protection sociale similaire à celle des retraites, de l’assurance-maladie ou du salaire social pour les jeunes travailleur-se-s en formation. » Évidemment la reprise en main des entreprises mérite qu’on s’y arrête : « Il serait absurde de faire croire que chaque entreprise menacée de fermeture ou de délocalisation pourrait faire l’objet d’une réquisition/autogestion. Mais dans certains cas, avec un large soutien de la population, ce peut être pour les travailleur-e-s un moyen de lutte exceptionnel. Il s’agit d’une pratique qui n’est pas rare pour les syndicalistes guadeloupéens, et l’exemple argentin prouve qu’il est possible d’aller plus loin que les formes traditionnelles d’action. »

En conclusion, il faut « articuler toujours les luttes d’aujourd’hui et la société de demain. […] Si nous voulons que dans les luttes à venir les travailleur-se-s aillent plus loin et s’en prennent directement au droit de propriété des classes possédantes, il faut proposer de telles perspectives autogestionnaires. Car la boussole reste bien pour nous celle d’une rupture globale avec le capitalisme qui passe par l’expropriation, la redistribution et l’autogestion généralisée des richesses ».

Antiracisme et religions

Affaire du « foulard islamique », caricatures de Mahomet, affaire Tarik Ramadan, athéisme militant, offensive religieuse (frontale ou pernicieuse), racisme, antiracisme, religions dominantes, religions dominées, défense de la laïcité, instrumentalisation de la laïcité à des fins racistes, tentations d’une alliance islamo-gauchiste chez certains militant-e-s…

Ces dernières années ont été marquées par une complexification des paramètres de la lutte antireligieuse et de la laïcité, auxquelles le congrès d’AL s’est efforcé de répondre. « Tenant toujours compte à la fois du texte et du contexte, nous pouvons dégager une ligne de conduite qui ne fasse pas du militantisme antireligieux l’otage ponctuel de telle ou telle faction religieuse, raciste ou de droite autoritaire. On dit communément que l’on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. Le militantisme antireligieux doit suivre la même logique : on peut stigmatiser toute religion, mais pas avec tout le monde. On ne trouvera jamais AL aux côtés de Sarkozy pour exclure les jeunes filles voilées des écoles ; et pas davantage aux côtés des religieux pour faire reconnaître la légitimité du “foulard islamique” ou pour faire interdire le « blasphème ».

Quant au concept de “laïcité”, Alternative libertaire le juge nécessaire. Encore que nous l’entendons comme l’éviction des religions des affaires publiques et l’affirmation sans ambiguïté de la supériorité de la démarche critique scientifique, et non pas comme la mise à égalité des religions. Pour cette raison, Alternative libertaire apporte son soutien critique à la loi de séparation des églises et de l’État de 1905, que nous jugeons salutaire et toujours d’actualité quoique constamment violée par l’État français (statut de l’Alsace-Moselle, caractère religieux de la plupart des jours fériés du calendrier…).

Quant aux relations entre mouvement social et associations religieuses, nous estimons qu’elle est impossible avec les associations cultuelles, et possible avec les associations de masse à caractère confessionnel seulement si ces dernières, entraînées par une dynamique de classe, s’alignent sur les pratiques et les revendications des mouvements sociaux. Mais qu’elle est à combattre si elle doit conduire les mouvements sociaux à des concessions sur les principes de laïcité, d’identité de classe, de féminisme. »

AL et le mouvement libertaire

Pour finir, le congrès a examiné deux textes concurrents sur la recomposition du mouvement libertaire et révolutionnaire. Un texte soumis par le secrétariat fédéral proposait une tentative de regroupement par étapes du mouvement libertaire sur des bases de lutte de classe, en tendant la main d’une part à la Fédération anarchiste, à la Coordination des groupes anarchistes et au réseau No Pasaran, et d’autre part aux militant-e-s libertaires des mouvements sociaux qui souhaiteraient rejoindre une organisation élargie.

Un texte contradictoire, soumis par Orléans et Rennes, préconisait également un autodépassement d’Alternative libertaire, mais par le lancement de forums de débat politique ouverts aux militant-e-s autogestionnaires au-delà du mouvement anarchiste pour faire émerger une organisation nouvelle. Les deux textes, jugés irréalistes ou pour le moins inactuels, ont été battus.

Tout de suite, la suite

Et l’élection présidentielle de 2007 nous direz-vous ? AL n’en a-t-elle pas parlé ? Eh bien non, pas un mot ! En fait, le planning du congrès étant très chargé, et rien ne pressant pour nous sur cette question, le débat sur l’expression AL au moment des élections a été repoussé à la coordination fédérale du mois de janvier 2007.

Pour conclure, ce VIIIe congrès aura été, comme tous les deux ans, un temps fort de réflexion, de théorisation, de confrontations parfois véhémentes… mais pas seulement ! Sitôt quittée l’arène des débats, ce fut également un moment de convivialité pour des militantes et des militants dont une bonne partie participait à sa première rencontre nationale. Et la tradition n’a pas été démentie selon laquelle, au sein d’Alternative libertaire, on peut s’empailler copieusement dans les controverses, mais on préserve toujours cette ambiance de camaraderie d’où sont bannis les coups bas ou les attaques personnelles qui émaillent généralement le petit monde des politiciennes et des politiciens. L’été tardif et le cadre charmant du château d’Allot, qui abritait les séances du congrès, n’ont rien gâché. Sans oublier bien sûr l’accueil impeccable des camarades du Lot-et-Garonne !

Le nouveau secrétariat fédéral, élu au terme du congrès, a été mandaté pour veiller à la mise en application des décisions collectives.

Commission Congrès : Christine (Alençon), Guillaume (Paris-Sud), Marie-Au (Marseille), Olivier (Seine-Saint-Denis)


Liste québécoise

Depuis son congrès de 2004, AL utilise la méthode dite de la “ liste québécoise ” (inspirée par nos camarades libertaires du Canada) pour distribuer les tours de parole de façon plus égalitaire. La présidence de séance fait passer en priorité, d’une part les intervenant-e-s n’ayant pas encore parlé, d’autre part les femmes, leur temps de parole dans les assemblées étant statistiquement toujours inférieur à leur présence physique. La “ québécoise ” constitue donc un encouragement à la prise de parole, et limite de facto l’accaparement des débats par quelques ténors.

Publication des thèses adoptées

Dans les mois à venir, le mensuel Alternative libertaire publiera des extraits significatifs des thèses adoptées. Elles seront prochainement disponibles in extenso sur la nouvelle génération du site Web d’AL www.alternativelibertaire.org. Vous y trouverez également une sélection des textes adoptés lors des précédents congrès d’AL. Enfin, il est possible d’acheter la brochure des textes du VIIIe congrès d’AL, 80 pages, 5 euros (se reporter à la colonne des éditions d’AL page 23).

Suppression de la revue trimestrielle Débattre

Le congrès d’AL a par ailleurs acté la suppression de la revue trimestrielle Débattre qui, dans sa forme actuelle, n’a pas su trouver de stabilité éditoriale, comme en atteste l’irrégularité de la parution sur les trois dernières années. Les abonné-e-s de la revue seront donc dédommagés. Il n’est pas exclu toutefois que Débattre paraisse de manière épisodique, non plus en tant que revue spécifique, mais en tant que supplément au mensuel Alternative libertaire, dans le cadre d’une formule qui reste à définir.


Des invité-e-s…

Une partie seulement des débats est à huis clos, la moitié environ du congrès étant ouverte à des observateurs et observatrices – délégué-e-s d’autres organisations politiques, sympathisantes et sympathisants locaux, journalistes, et surtout les Ami-e-s d’Alternative libertaire.

Cette année, nous avons eu le plaisir d’accueillir des représentants de la LCR, des Alternatifs, de la CGA et du Collectif des libertaires du Loiret. Ce dernier, après son allocution, a remis un chèque de 110 euros de soutien aux inculpés d’AL, ce qui n’a pas manqué de susciter l’enthousiasme.

…et des messages d’amitié

La FA n’a pas pu se déplacer, mais a transmis un message aux congressistes. Diverses organisations anarcho-syndicalistes ou communistes libertaires ont également envoyé des messages de l’étranger : la CGT espagnole, WSM (Irlande), la FdCA (Italie), l’OSL (Argentine), Al Badil al Chooui al Taharouri (Liban) et la Nefac (États-Unis/Canada).


[1Cette idée rejoint celle de “sécurité sociale professionnelle” de la CGT. AL a exprimé des inquiétudes quant à la récupération et le travestissement qui pouvait en être fait (lire Alternative libertaire n° 116 de mars 2003, et n° 147 de janvier 2005), mais c’est un risque permanent, il n’est qu’à voir le sort fait par Martine Aubry à la revendication historique de réduction du temps de travail.

 
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