Syndicalisme

Numéro vert syndical : Allô camarades, bobo…

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Comme la CGT, l’Union syndicale Solidaires a, dès les premiers jours du confinement, ouvert une permanence téléphonique. Des centaines de travailleuses et de travailleurs voulant se défendre l’ont appelée. Premier bilan de l’expérience.

« Allô, je vous appelle parce que je suis couvreur dans une entreprise de BTP, et j’ai besoin d’informations. On a un collègue qui est malade du Covid-19 là où je bosse, le chef dit que comme tout a été nettoyé, qu’on peut continuer à bosser, mais nous, dans l’équipe, on a peur, on voudrait savoir ce qu’on peut faire. »

Voilà typiquement le genre d’appel que le « numéro vert » de Solidaires reçoit chaque jour. Depuis le 30 mars, des centaines de travailleurs et de travailleuses, majoritairement du secteur privé, mais aussi de la Fonction publique, l’ont appelé pour s’informer sur leurs droits et demander de l’aide pour protéger leur vie et leurs conditions de travail. C’est dire l’utilité de ce genre d’outil.

Toucher les franges du salariat les plus menacées

Avec lui, il s’agit de toucher les franges du salariat les moins syndiquées, et dont les droits sont les plus menacés : intérimaires, employé·es dans les commerces, dans le BTP et plus généralement dans le secteur industriel, dans les PME comme dans les services publics. Ce sont également ceux et celles qui sont exposé⋅es immédiatement au virus qui appellent : les personnels des services sociaux et de santé.

Pour certains, c’est l’inquiétude qui pousse à appeler : les mesures de prévention et de sécurité ne sont pas respectées dans l’entreprise, ils et elles vont travailler « la boule au ventre » à l’idée d’être contaminé⋅es ou de contaminer leur entourage. Pour d’autres, en l’absence de présence syndicale sur le lieu de travail, le patron maintient les salarié⋅es dans l’ignorance : sur la situation de l’entreprise, l’activité partielle, les dérogations au Code du travail en matière de congés payés… Parfois, ce sont même des représentantes et représentants du personnel qui appellent pour obtenir des informations avant une rencontre avec les chefs.

Le premier bilan de cette permanence téléphonique est positif : elle aura permis d’aider des centaines de salarié·es à s’auto-organiser pour défendre leurs droits et prendre leur situation en main. En négatif, elle rappelle une évidence : là où il n’y a pas déjà une section syndicale constituée par quelques salarié·es combatifs, c’est le désarroi au premier coup dur. On paie alors cher le travail d’auto-organisation qu’on n’a pas fait « avant ».

Des communistes libertaires de Solidaires

  • Le numéro vert : 0805 372 134.
 
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