Sahara occidental : Stop à la colonisation marocaine

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Derrière le rêve touristique, le Maroc est en réalité un Etat colon, qui maintient sa domination sur le territoire du peuple sahraoui, en lutte pour son indépendance. La résistance existe malgré la forte répression qui s’abat sur ses militantes et militants.

Érigé de 1980 à 1987 par les forces royales marocaines, un mur long de 2 700 kilomètres cisaille le Sahara occidental du nord au sud. Pratiquement méconnu, il s’agit d’un implacable ouvrage militaire muni de radars, de pièces d’artillerie, de millions de mines et d’engins de guerre, gardé par 100 000 soldats marocains pour signifier la revendication du Makhzen (état marocain) sur ce territoire, et pour empêcher les intrusions du Front Polisario, bras politique et armé des indépendantistes sahraouis. Malgré cette véritable barrière militaire construite pour l’isoler et le détruire, le peuple sahraoui mène une résistance anticoloniale qui dévoile l’envers d’un décor conçu pour charmer touristes et investisseurs. Le pouvoir cherche à cacher la répression, les disparitions forcées, les arrestations arbitraires, les tortures dans les prisons et les commissariats, les procès inéquitables et les lourdes condamnations de militantes et militants politiques marocains et sahraouis.

Complicités françaises

Au Sahara occidental, occupé en toute illégalité par le Maroc depuis le retrait du colonisateur espagnol en 1975, le refus du Maroc d’appliquer le droit international a toujours fait échouer les négociations avec le Front Polisario.

Plus de soixante-dix militantes et militants sahraouis sont actuellement incarcérés et des dizaines d’autres en attente de jugement. Une vingtaine de militantes et militants des droits humains sont détenus depuis novembre 2010 suite au démantèlement violent du camp de Gdeim Izik installé dans le désert par plus de 20 000 Sahraouis pour défendre leurs droits politiques, économiques, sociaux et culturels. Ennaâma Asfari, co-président du Corelso, arrêté la veille des faits qui lui sont reprochés (!) a été condamné à trente ans de détention dans la sinistre prison de Salé.

Le gouvernement français, de droite comme socialiste, fidèle à cette amitié honteuse, a toujours maintenu un silence complice, quand il ne vante pas les progrès du Maroc en matière de droits de l’homme.

La résistance s’organise

Les organisations politiques, syndicales, associatives solidaires de la lutte du peuple sahraoui ne relâchent pas leur mobilisation (délégations, manifestations, observateurs aux procès...) pour obtenir la libération des prisonniers politiques sahraouis, l’arrêt de la répression et le respect des libertés fondamentales.

Le pouvoir marocain ne s’en émeut pas et a envoyé cet été un très mauvais signal aux militantes et militants de la solidarité internationale avec l’arrestation et la séquestration de Michèle Decaster, empêchée d’entrer en territoire sahraoui. Des mesures sécuritaires exceptionnelles (isolement, violences, destruction de disques durs) ont également été prises à l’encontre d’autres activistes.

Comme tout État colonial, le Maroc ne se contente pas d’occuper illégalement le territoire du Sahara Occidental, il accapare tout aussi illégalement ses richesses naturelles. Il s’agit là d’un aspect important du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. L’impunité internationale d’un Makhzen qui bafoue les droits du peuple sahraoui et plus largement du peuple marocain dans un total black out médiatique n’est pas sans rappeler une autre situation coloniale qui perdure, en Palestine, sans la moindre sanction de la part de la fameuse « communauté internationale ».

Gisèle Felhendler (AL Paris nord-est)

 
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