Guyane : Victoire du mouvement populaire à Matoury

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Depuis quelques mois, des dizaines de maisons ont été détruites dans un quartier de la ville de Matoury. Les habitant(e)s se sont révolté(e)s et ont obtenu gain de cause.

Après la visite d’une délégation d’habitants à Paris début décembre, l’arrêt des démolitions de maisons à Matoury a été obtenu. Depuis septembre 2005, c’est plus de cinquante maisons qui ont été détruites, pour l’essentiel dans la commune de Matoury, en application de décisions de justice. Il s’agissait de plaintes déposées par le maire pour constructions illégales, sans permis de construire. Ces destructions ont eu lieu dans des quartiers visés par des opérations de résorption de l’habitat insalubre, dans le cadre desquelles une régularisation était possible.

Révolte des habitants

Ce sont des jeunes gens du quartier de la Cotonnière qui se sont révoltés les premiers le 25 octobre, à l’occasion d’une opération de démolition. Ils ont affronté les forces de l’ordre accompagnant les pelleteuses, et une émeute spontanée a secoué le quartier. Les associations d’habitant(e)s ont aussitôt pris le relais, empêchant à plusieurs reprises la venue des forces de l’ordre dans leur quartier. Une manifestation organisée à leur appel dans les rues de Matoury contre la politique du maire a rassemblé plus de 300 personnes.

Ce sont ces associations d’habitant(e)s qui ont pris l’initiative de se rendre à Paris pour obtenir l’arrêt des démolitions. Il s’agit d’une importante victoire pour un mouvement populaire auto-organisé mêlant Guyanais et immigré(e)s, contre la politique d’urbanisation discriminatoire menée par la mairie.

AL Guyane

 
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