Ferry : Ni Luc ni Jules !

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« Jules revient, Luc est devenu fou ! » Cette injonction irréaliste, certain(e)s grévistes de l’éducation en ont usé et abusé dans les manifs. Si Luc (Ferry) tient à ouvrir le service public d’éducation aux lois infâmes du marché, il en est qui entretiennent l’illusion que l’école républicaine, celle de Jules (Ferry), serait le havre de paix, îlot de liberté, d’égalité, de fraternité qui nous en préserverait.

Jules se trouve élevé au rang d’un éducateur passionné, d’un bon bougre ayant ouvert l’école aux filles et fils de la classe ouvrière… Erreur ! Grave erreur ! Jules Ferry était un salaud doublé d’un criminel. Morceaux choisis…

Colonialiste

Ferry est celui qui déclarait au Parlement : « Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. » Il s’est fait le partisan forcené d’une politique colonialiste active.

Et pour les profits de qui ? « Les colonies sont pour les pays riches un placement de capitaux des plus avantageux. [...] La colonisation est une des meilleures des affaires auxquelles ils puissent se livrer. [...] La fondation d’une colonie, c’est la création d’un débouché. » Mais laissons le dernier mot à ce « monument » de la IIIe République : « La politique coloniale est fille de la politique industrielle. » Le crime colonial n’était pas une fatalité, n’était pas un « trait d’époque » ! Des militant(e)s d’extrême gauche ont su s’y opposer.

Va-t-en guerre

À quoi sert la fameuse loi Ferry sur l’école gratuite et obligatoire de 1881 ?

Pour les républicains nationalistes de l’époque, traumatisés par la défaite de 1870 contre les Prussiens (et ce qui les traumatisait ce n’était pas les cadavres des communards de 1871 mais plutôt les 5 milliards de francs or de réparations), il s’agit d’instruire pour conquérir. Pour Ferry l’école de la République c’est d’abord « l’école de la revanche », celle qui va fanatiser des générations d’enfants de la classe ouvrière pour les envoyer, fleur au fusil, trucider le temps d’une guerre ceux de la tranchée d’en face et mourir pour des intérêts qui ne sont pas les leurs… Merci qui ? Merci Ferry ! Jules reste où t’es !

Alors faut-il réhabiliter celui qui, préfet de la Seine et maire de Paris, en novembre 1870 fut surnommé par le peuple ouvrier parisien « Ferry la famine » ? Non, non et re-non ! Quant à l’école républicaine… permettez ! Si elle est à la fois reproductrice des rapports de domination et de classe et émancipatrice, ce n’est que le fruit du rapport de force entre capitalistes et travailleur(se)s. Aujourd’hui le camp du travail est dans la rue. Inutile de se revendiquer des « grands hommes » du camp d’en face !

Ni Luc ni Jules : une autre école, une autre société !

Théo Rival (AL Montreuil)

 
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