Santé : un réseau européen contre les frontières

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Partout en Europe des politiques d’ajustement attaquent le système public de santé. Mais une résistance transnationale émerge qui s’inscrit dans un timide mais réel réseau européen de solidarité et d’action.

Les 12 et 13 mai dernier, s’est tenue à Nanterre la Conférence européenne en défense de la santé publique et de la protection sociale rassemblant 28 organisations syndicales, associatives et politiques venues d’Allemagne, de Belgique, d’Espagne, de France, de Grèce, d’Irlande, d’Italie, de Pologne et de Slovaquie. Co-organisée par la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, le syndicat Sud Santé-Sociaux, le NPA, les Alternatifs et la Fase, ces rencontres se sont conclus par l’adoption d’une déclaration appelant à « l’organisation dans chaque pays d’une semaine d’action européenne, pour le droit à la santé des peuples et contre le démantèlement des services publics de santé et leur marchandisation, du 1er au 7 octobre 2012 ». Pour les organisateurs de cette conférence les enjeux sont décisifs et les attaques portées contre le système de santé auront des conséquences que l’on peut d’ores et déjà évaluer : destruction du système de protection obligatoire qui « pèse » tant sur le coût de l’emploi, c’est-à-dire transférer le paiement des cotisations sociales de l’exploiteur à l’exploité-e qui devra souscrire, selon ses moyens, à des assurances privées, et transférer au secteur privé toutes les opérations médicales rentables.

Pour mémoire, le leader français dans le secteur, la Générale de santé, a réalisé sur le premier trimestre 2012 un bénéfice net de 19,3 millions d’euros en augmentation de 157,3 % (!) grâce à « la maîtrise de la masse salariale » (sic).

[*Penser global, agir local*]

Ces mêmes politiques sévissent partout en Europe et plus particulièrement en Espagne où la Catalogne sert de laboratoire aux politiques néolibérales inspirées de ce qui a été mis en place en Grande-Bretagne pendant les années 1980-90.

En France, sous l’impulsion notamment du réseau Notre santé en danger, cette semaine européenne « contre la marchandisation de la santé et du social » prendra la forme d’actions décentralisées sur l’ensemble du territoire et d’une initiative nationale dont les modalités sont encore en discussion. Cette stratégie devrait renforcer l’ancrage territorial des collectifs locaux de lutte associant militantes et militants du monde syndical et politique, professionnel-le-s de santé et tout un chacun, étant tous concernés par ces problématiques. Rejetant la fameuse (et fumeuse) rengaine, « la santé n’a pas de prix mais elle a un coût » qui légitime les pires politiques, des résistances s’organisent sur les territoires et à travers l’Europe, conscientes que seules la rupture avec le capitalisme et la lutte collective peuvent offrir des alternatives aux politiques inféodées aux marchés financiers.

David (AL Paris Nord-Est)

 
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