Vincenzo Vecchi : Une victoire mais le combat continue

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La mobilisation pour la défense de Vincenzo Vecchi, militant anticapitaliste italien arrêté en Bretagne en août dernier où il vivait depuis huit ans et menacé d’extradition vers l’Italie, a remporté une première victoire et se poursuit pour vaincre l’Europe de la répression de Salvini et Macron.

Vincenzo a participé en 2001 au contre-sommet du G8 à Gênes marqué par une répression policière très violente, et en 2006 à un rassemblement antifasciste à Milan. Menacé de onze ans de prison en Italie, il a été arrêté et incarcéré en Bretagne pendant trois mois, et libéré le 15 novembre. Pour ces deux manifestations, il avait été condamné en Italie sous le chef d’inculpation de «  dévastation et pillage  », introduit par le régime fasciste en 1930. Vincenzo a été arrêté sous le coup de deux mandats d’arrêt européens (MAE) le faisant passer pour un dangereux récidiviste. Il a lui-même dénoncé «  la politique de traque et de vengeance  » dont il est la cible, comme de nombreux autres militants et militantes en Italie et en Europe. Cette criminalisation est facilitée par le fait que sa condamnation à des peines importantes repose sur sa seule présence, sans autres preuves nécessaires. Cependant, dans le cadre des MAE, seule leur forme peut être contestée, menant à une «  automatisation de la vengeance d’État  » [1].

Après le délibéré de la Cour d’appel de Rennes du 15 novembre qui a prononcé la libération de Vincenzo, une centaine de ses soutiens l’ont accueilli à sa sortie de prison. Le MAE pour la manifestation antifasciste de «  Milan 2006  » a été reconnu comme étant nul car la peine est déjà effectuée. Celui pour «  Gènes 2001  » a été cassé sur la base d’un vice de procédure dû à la justice française  [2]. En revanche, il n’y a pas de remise en cause de la procédure des MAE, ni l’utilisation qui en est faite. Malgré cela, le parquet général a annoncé se pourvoir en cassation pour contester la décision de la Cour d’appel.

La défense collective est la meilleure des solidarités

Même si les MAE sont cassés en France, Vincenzo est encore recherché et menacé de 11 ans de prison par l’État italien et dans le reste de l’Europe. Son ex-compagne fait l’objet d’une enquête pour «  complicité d’évasion  » en Italie. De nombreuses victimes de la répression et de la criminalisation des luttes sont et seront encore à soutenir, ici et ailleurs.

De l’Italie, avec le délit de «  dévastation et pillage  », à la France, avec la loi anti-casseurs, la répression s’intensifie en Europe. En réprimant et en condamnant collectivement et préventivement des contestataires, le capitalisme entend étouffer les révoltes qui éclatent contre l’ordre établi. Dans ce contexte, les MAE constituent un véritable rouleau-compresseur contre nos luttes. Il faut briser l’isolement et montrer que, face à la répression, la défense collective est la meilleure des solidarités !

Pierre (UCL Lorient)

  • Plus d’informations sur Comite-soutien-vincenzo.org

[1Voir AL de novembre 2019

[2Vincenzo n’a pas été averti après son arrestation qu’il pouvait contacter son avocat, ce qui constitue une entrave à la défense.

 
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