Politique

Municipalités : Des patrons comme les autres

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Dans les communes, le maire, qu’il soit de gauche ou bien de droite, reste un patron comme les autres, dans un système capitaliste. Même les communes dirigées par un maire PCF utilisent des faux arguments pour faire face aux revendications des employés municipaux.

Dans un certain nombre de communes, des candidates et des candidats de gauche vont être élu·es sur des listes PCF, LFI, EELV ou « citoyennes ». Il ne s’agit pas de prendre de haut celles et ceux qui vont voter pour ces listes ou même faire campagne pour.

Il ne s’agit pas non plus de dire qu’une gestion municipale de droite a les mêmes conséquences pour les habitantes et les habitants, et notamment celles et ceux des classes populaires, qu’une gestion par une mairie communiste : on l’a vu aux dernières élections avec le passage à droite de communes comme Villejuif (94) ou Bobigny (93) par exemple. Au menu : des plans locaux d’urbanisme (PLU) permettant aux promoteurs de s’engraisser au détriment des paysages urbains et de l’environnement, l’accélération de la casse des services publics, des pratiques mafieuses insupportables.

Cependant, il faut bien rappeler une vérité intangible : dans un système capitaliste, la municipalité reste un patron, parfois le premier patron du département, employant une main d’œuvre qui peut se compter en centaines, en milliers ou en dizaines de milliers d’employé·es. Dans ce contexte, quelle que soit la couleur politique de la municipalité en place, la solidarité des communistes libertaires ira toujours aux travailleurs et travailleuses de la commune en lutte pour leurs conditions de travail et pour l’amélioration du service public.

Prenons l’exemple d’une lutte récente à Montreuil (93). Cette grande ville (plus de 100 000 habitantes et habitants) de Seine-Saint-Denis a toujours été gérée par des partis de gauche, SFIO, PCF puis écologistes, et enfin de nouveau PCF depuis 2014, en la personne du maire Patrice Bessac. La mairie emploie plus de 2 000 salarié·es, qui comme ailleurs ont des revendications à faire valoir.

À Montreuil, un cas d’école et d’Atsem

À partir de septembre 2017, les syndicats CGT et CNT des territoriaux se mobilisent pour l’obtention de 30 postes d’Atsem (agentes et agents territoriaux qui assistent les instits dans les classes). Ils et elles revendiquent également de meilleures conditions de travail pour les agentes et agents qui travaillent dans les écoles, et dénoncent les remplacements sur de larges zones, le recours massif aux personnels précaires, l’absence de droit à la formation.

La réponse de la mairie ? « Ce n’est pas notre faute, c’est l’État qui nous coupe les vivres. » À l’époque, AL Montreuil, par le biais de tracts distribués devant les services municipaux a répondu : oui, l’État capitaliste est responsable du transfert de sommes énormes des collectivités vers les entreprises (de l’ordre de 30 milliards d’euros rien que sous le quinquennat Hollande).

Mais non, la mairie de Montreuil ne peut utiliser ce prétexte pour ne pas satisfaire des revendications qui, en réalité, représentent des budgets très faibles  : autour de 0,1% de la masse salariale pour les revendications d’embauche par exemple. La mairie, fût-elle PCF, ne peut s’asseoir sur les revendications légitimes des personnels !

Jules (UCL Montreuil)

 
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