Antifascisme

Affaire Mila : L’extrême droite en plein pinkwashing

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Derrière « l’affaire Mila » se cache une stratégie déjà éprouvée de l’extrême-droite : le pinkwashing. Celle-ci consiste à prétendre prendre fait et cause pour des personnes ou des groupes LGBTI sous couvert d’attaque contre les musulmanes et musulmans ou supposé·es tel·les, tout en promouvant un modèle de société réactionnaire, misogyne et LGBTI-phobe.

Tout commence par un live un samedi après-midi entre une ado de 16 ans et ses abonné·es sur un réseau dit social. Des propos enregistrés, partagés et finalement exposés où l’adolescente s’enflammant y livre, dans des propos injurieux, sa haine des religions et particulièrement de l’Islam. La jeune fille, notamment prise à partie pour son homosexualité, est devenue en retour cible de la haine d’autres imbéciles.

Les propos de Mila ont été largement relayés dans les réseaux d’extrême droite et la fachosphère prend immédiatement fait et cause pour la jeune fille. Le site Bellica.fr publie un article agrémenté de nombreuses captures d’écran et demande de « partager son témoignage » et d’utiliser le hashtag #JeSuisMila.

Des responsables du RN, Marine Le Pen en tête, soutiennent publiquement la jeune fille. Florian Philippot (Patriotes, ex-RN) ou Raphaël Enthoven (philosophe préféré de Philippe Val) sont Mila, à l’instar de toutes les personnes qui y trouvent une légitimité à cracher leur haine des mulsumanes et musulmans.

Articles et tribunes s’enchaînent alors, dans un remake de JeSuisCharlie, pour défendre la liberté d’expression et dénoncer la lâcheté de celles et ceux qui ne prendraient pas absolument fait et cause pour Mila.

Un marketing de la haine

L’exposition médiatique de Mila est une véritable réussite pour les islamophobes de tous poils. Sa défense et la mise en avant de son orientation sexuelle par l’extrême droite s’est faite selon une stratégie de marketing politique déjà largement éprouvée : le pinkwashing. Il s’agit de s’afficher en défenseur de la cause LGBTI à des fins de promotion commerciale ou politique.

En prenant ici fait et cause pour Mila, l’extrême droite masque sa propagande discriminatoire vis-à-vis des minorités sexuelles en pointant ce qui serait celle de ses ennemis. Cette stratégie apparue dans le marketing commercial a été récupérée depuis plusieurs années par l’État d’Israël, promouvant la tolérance de Tel-Aviv, qui ne représente pas loin s’en faut tout Israël, pour faire oublier la violence de la colonisation des territoires palestiniens.

En Europe, à la suite du leader populiste néerlandais Pim Fortuyn, homosexuel revendiqué, les partis d’extrême droite ont depuis cherché à s’afficher en défenseurs des droits des femmes et des homosexuel-les mais exclusivement dans une optique de choc des civilisations pour affirmer que l’Islam les mettraient en péril.

Ne nous y trompons pas, l’extrême droite – pas plus que les obscurantistes religieux de tout poil – n’est pas progressiste, et ne sera jamais, ni pour les femmes, ni pour les minorités sexuelles, ni pour les classes populaires, gage de libération. Bien au contraire !

David (Grand-Paris-Sud)

 
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