Revue Agone : Les théories du complot

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La dernière livraison de la revue Agone a pour thème les théories du complot (TdC). Elle revient sur des épisodes de l’histoire contemporaine qui ont donné lieu au développement du phénomène. Le 11 septembre, les attentats du 11 mars 2004 (Espagne), ainsi que l’incendie du Reichstag sont analysés. La TdC est définie comme le fait que des évènements historiques ne soient pas le résultat du cours des évènements ou des coupables désignés publiquement mais de l’action d’acteurs cachés ayant intérêt à masquer la vérité.

L’objectif de ce numéro est de démonter la vulgate médiatique selon laquelle toute remise en cause de la version officielle est le fait de dangereux extrémistes. Nous rejoignons le propos de la revue lorsqu’elle affirme que certains évènements ne se sont pas déroulés comme la version officielle l’entend. L’article de Michael Parenti notamment, revient sur les conditions troubles de l’assassinat de JFK. Et s’il est pertinent d’affirmer que le complot a été une forme d’action politique au cours de l’histoire, de même que la manipulation de l’actualité, il est également malvenu de rejeter toute idée de manipulation au nom du rejet de la théorie du complot. C’est le propos de l’article assez jouissif d’Henri Maler et Patrick Champagne sur les âneries débités par Taguieff sur France Culture.

Néanmoins, il est dommage que cette mise au point ne s’accompagne pas d’une analyse du conspirationnisme en tant qu’idéologie. En effet, il y a une différence entre affirmer qu’il peut exister des complots et penser que le monde est dirigé par une minorité occulte acharnée à faire le mal.

L’idéologie conspirationniste est dangereuse car elle tend à faire croire que ce n’est pas le système capitaliste qui est intrinsèquement mauvais mais que ses maux ne sont attribuables qu’à une minorité d’« agents du mal ». En plus de ne pas remettre en cause le capitalisme, c’est tendre vers la seule recherche d’un bouc émissaire, ce qui ne semble pas très sain.

Pour conclure, ce numéro d’Agone prend avec succès le contre-pied de certains clichés sur les manipulations, mais ne va pas assez loin dans la critique du conspirationnisme en tant qu’idéologie.

Matthijs (AL Montpellier)

• Ouvrage Collectif , Agone n° 47, « 2012 : Les théories du complot », 2012, 216 pages, 20 euros.

 
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