Hayange : L’extrême droite n’aura pas l’Alsace et la Lorraine !

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Passée au FN aux dernières municipales, la commune d’Hayange (Moselle) n’est pourtant pas un repère de fachos, comme l’a montré la participation de nombreux habitants à une manifestation antifasciste le 31 mai. C’est en reconstruisant la solidarité de classe qu’on palliera les effets des politiques antisociales qui font le lit de l’extrême droite.

« Antifascistes, anticapitalistes ! C’est chaud, c’est chaud, c’est chaud pour les fachos ! » Ce sont ces paroles qui ont résonné le samedi 31 mai, en début d’après-midi, contre les murs de l’hôtel de ville de Hayange, faisant écho aux résultats de l’élection municipale deux mois plus tôt.

Dans le cadre de la campagne libertaire unitaire antifasciste (Claf), Alternative libertaire Moselle et la CNT Lorraine ont organisé un rassemblement devant la mairie de Hayange avec prise de paroles de ces deux organisations, suivi d’une manifestation dans le centre-ville. Plus de deux cents personnes, dont de nombreuses et nombreux Hayangeois, ont rejoint les libertaires et anticapitalistes pour dénoncer l’illégitimité de Fabien Engelmann, qui, après être passé par Lutte ouvrière, le NPA et la CGT, a retourné sa veste en faveur du FN et a été élu maire de cette commune sinistrée de la vallée de la Fensch.

Un vote de détresse plus que d’adhésion

Élu avec moins de 20 % des voix et devancé par une forte abstention, le strapontin du traître Engelmann repose sur un vote de détresse plus que d’adhésion, traduisant un terrible désarroi face aux attaques du patronat et à la politique capitaliste des gouvernements successifs, qu’ils se revendiquent de droite ou de gauche. L’élection d’autres maires FN ou extrême droite dans une dizaine d’autres communes de régions différentes prouve s’il le fallait la généralité du phénomène qui dépasse les particularismes locaux.

La grande majorité des Hayangeois et Hayangeoises ne se reconnaissent pas dans les propos haineux du maire FN. C’est avant tout la désertification du centre-ville, la fermeture de plusieurs services de l’hôpital de Hayange et des hauts-fourneaux qui ont permis à l’extrême droite, par ses discours démagogiques, de s’installer dans cette ville laminée par la concurrence mondialisée. La force du FN, c’est la faiblesse de la solidarité de ­classe. La progression de ce parti repose sur l’isolement, la peur et le désespoir provoqués par la paupérisation de millions de personnes, conséquence inéluctable du système capitaliste qui fait passer sa soif de profits avant tout. Il devient donc impérieux de s’organiser pour contrer l’offensive capitaliste généralisée en ces temps de démolition sociale pilotée par le PS.

Toutefois, l’urgence de la situation ne doit pas nous conduire à faire l’économie d’une analyse approfondie de ce qu’est le fascisme, de la forme qu’il peut revêtir aujourd’hui alors que le contexte d’apparition de ce mouvement autoritaire commence à dater, et ce afin d’adapter au mieux notre contre-attaque.

Quoi qu’il en soit, une chose est sûre, ce n’est qu’en renforçant la mobilisation contre la politique antisociale du gouvernement, en réaffirmant et en appliquant concrètement les idées libertaires et égalitaires de lutte de classes, de réappropriation et de partage des richesses, que nous ferons reculer la peste brune. Seule la lutte sociale pourra nous le permettre car les élections, quelles qu’elles soient et même sous couvert de front républicain, n’ont jamais été un rempart ­contre l’extrême droite.

Collectif AL Moselle

 
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