Lire : Rocker, « La Tragédie de l’Espagne »

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En août 1937 paraissait aux États-Unis un vibrant plaidoyer en faveur de l’Espagne révolutionnaire. The Tragedy of Spain est l’œuvre d’un militant qui a accompagné le mouvement anarchiste depuis la fin du XIXe siècle, Rudolf Rocker. Présent au Congrès socialiste international de Londres en 1896, au congrès anarchiste d’Amsterdam en 1907, il rédige la déclaration de principes de l’Association internationale des travailleurs (AIT) à Berlin, en 1922, et publie Les Soviets trahis par les bolcheviks, sur la Révolution russe.

Dans The Tragedy of Spain, c’est avec toutes ses tripes que Rocker, qui a dû fuir le nazisme en 1933, prend parti pour le prolétariat espagnol. Son livre est surtout axé sur la géopolitique du conflit et met en lumière la façon dont les impérialismes voisins (Rome, Berlin, Paris, Londres et Moscou) pèsent sur le cours des événements. Rudolf Rocker est trop lucide pour rester aveugle aux erreurs de la direction de la CNT-FAI, mais il fait partie de celles et ceux qui pensent qu’il faut éviter d’en faire la critique publique (lire à ce sujet l’article “Face aux errements de la Révolution espagnole”, dans Alternative libertaire n°156, novembre 2006). En première ligne face aux fascistes, poignardée dans le dos par les staliniens, la CNT-FAI ne pourra compter que sur la solidarité morale et matérielle de la partie du mouvement ouvrier mondial non encore inféodée à Moscou. C’est avec cette conviction que Rocker a mis sa plume, sans réserve, à son service.

Guillaume Davranche (AL Montrouge)

  • Rudolf Rocker, La Tragédie de l’Espagne, traduit de l’anglais par Jacqueline Soubrier, présentation et notes de Miguel Chueca, Éditions CNT-RP, septembre 2006, 118 pages, 12 euros.
 
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