Eglises et mariage gay : À bas l’ordre moral

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Le projet de loi sur le mariage gay, devenu « mariage pour tous », a été adopté le 7 novembre en Conseil des ministres et a pris la route de l’Assemblée nationale. L’Église catholique, déjà sur le pied de guerre, n’a pas tardé à réagir.

Voilà plusieurs mois que les intégristes de tout poil, avec à leur tête le sinistre archevêque Barberin ou l’évêque André XXIII, se mêlent allègrement au débat politique, et tentent d’exercer une pression sur l’opinion publique. Ces discours sont relayés par des associations d’extrême droite, parmi lesquelles l’organisation anti-avortement Alliance Vita, co-organisatrice de la manifestation homophobe du 17 novembre dernier, et Civitas, à l’origine de celle du 18 novembre, ainsi que divers groupuscules fascistes.

Contre-attaque intégriste

L’Église catholique, si elle n’appelle pas à manifester, est descendue dans l’arène politique avec des arguments similaires à ceux des intégristes : l’homoparentalité serait un mensonge fait à l’enfant, qui conduirait à la destruction de la famille. Cette prise en otage de l’enfant est d’autant plus insupportable qu’on sait très bien comment réagiront les défenseurs de la sacro-sainte famille si demain, leurs propres enfants annoncent leur homosexualité. En outre, poser le problème de la filiation revient à limiter la question de la parentalité à celle, nauséabonde, du sang. Pas étonnant que les discours intégristes soient largement relayés par l’Église. Là où il faut commencer à s’inquiéter, c’est quand les politiciens de droite et les élites bourgeoises patriarcales reprennent ces discours traditionalistes à des fins électoralistes.

Un discours pas si marginal

Les motifs évoqués pour justifier la fronde réactionnaire sont délirants. La palme revient à Serge Dassault, pour qui l’homosexualité serait la cause de la chute de la Grèce antique. On assiste à la résurgence de valeurs qui donnent la nausée, comme celle de la « famille » traditionnelle mise en péril ; on a ainsi vu Copé réclamer des « États généraux de la famille ». La famille est mise en danger par ces « sales pédé-gouines », un discours qui s’inscrit bien dans le laïus sur la perte des valeurs qui fait le terreau de la droite. Sur ce discours, c’est plus de cent mille personnes qui sont descendues dans la rue à Paris le week-end du 18 novembre... Ainsi, plus que les quelques habituels allumés de la calotte, marginaux, c’est la diffusion d’idées réactionnaires dans la société qui nous inquiète.

Droit à l’égalité

Nous ne défendrons jamais l’institution du mariage, acte de soumission des femmes à un système patriarcal qui les place successivement entre les mains de leur père puis de leur mari tout en favorisant l’exploitation domestique. Deux personnes qui s’aiment n’ont besoin ni de la bénédiction de l’État, ni de celle d’un dieu quelconque pour vivre leurs vies comme elles l’entendent. Mais nier un droit, c’est refuser de reconnaître à un groupe social sa légitimité à exister et son droit à l’égalité. C’est exercer une domination légale et symbolique sur le fondement d’un choix jugé, marginalisé, afin de stigmatiser une population. Que le droit de fonder une famille dépende du mariage, comme cela est prévu par le projet de loi, n’est pas satisfaisant ; mais que ce droit soit ouvert aux couples LGBT nous semble indispensable.

Notre revendication doit donc être simple : puisque fonder une famille est un droit, revendiquons-le pour toutes et tous, ou pour personne. La famille que je veux, avec qui je veux ! Un seul mot d’ordre : égalité des droits !

Clem (Commission antifasciste)

 
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