Ferroviaire : SUD-Rail en ordre de bataille

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Le VIIIe congrès fédéral de SUD-Rail, a réuni en septembreplus de 300 délégué·es en Savoie. Parmi les principaux enjeux : l’adaptation du syndicalisme à l’éclatement de la SNCF et la défense des retraites, avec une grève reconductible le 5 décembre.

Il commençait dans la fébrilité, ce congrès, avec une première journée tendue sur le bilan de la grève de 2018 : la méthode de la « grève intermittente » (2 jours sur 5) combinée à des proclamations radicales mais sans assise de masse, a été assez critiquée  [1]. L’atmosphère s’est apaisée quand on a parlé de l’avenir, avec la large approbation de trois résolutions stratégiques, et le renouvellement du bureau fédéral (7 entrant·es sur 13 membres).

Vu les bouleversements en cours à la SNCF  [2], on peut cependant regretter l’absence de candidatures issues du secteur privé, et l’absence de femmes au nouveau bureau, pour la première fois depuis dix-neuf ans. En séance, des militantes avaient pourtant dénoncé avec courage le sexisme dans l’entreprise, mais aussi au sein des syndicats. Il a d’ailleurs été décidé de relancer un travail de fond dans SUD-Rail, avec des formations et une commission femmes.

Du côté des orientations, outre une résolution sur la stratégie d’action, une résolution a été votée sur l’adaptation de notre syndicalisme au futur paysage ferroviaire, avec l’éclatement en 5 sociétés anonymes de droit privé (SNCF, Gare & Connexions, Réseau, Fret, Voyageurs), la filialisation croissante (Geodis, Keolis…) et l’arrivée d’entreprises concurrentes. Autre enjeu : la coordination avec les syndicats SUD des transports urbains et interurbains (dont Solidaires-RATP). Reste toutefois à revenir à un syndicalisme véritablement interprofessionnel, c’est-à-dire non limité aux besoins du secteur ferroviaire – et, concrètement, de la seule SNCF.

Il a été décidé d’améliorer la formation – dont la formation interpro – et la démocratie syndicale en faisant mieux circuler l’information et en armant mieux les équipes militantes. Une commission Communication nouvellement créée compte s’emparer de l’outil vidéo, sur le modèle de ce que peut produire Canal Marches.

Gare à la réunionnite

Des délégations du réseau Rail sans frontières (affilié au Réseau syndical international de solidarité et de lutte) étaient présentes, et leurs témoignages sur la démolition du service public à l’étranger étaient souvent édifiants. En octobre, on soutiendra les cheminots sénégalais et maliens en lutte contre le démantèlement du rail, et pour leurs salaires impayés – déjà plusieurs morts au Mali pour cette raison.

Avec la mise en place chaotique des comités sociaux et économiques (CSE), le risque est grand que les élu·es soient absorbé·es par la réunionnite, alors que l’enjeu est qu’ils et elles fassent vivre notre syndicalisme au plus près du terrain, avec nos propres priorités, et avec une conception utile de l’unité : vis-à-vis des autres syndicats de lutte (et de la CGT en premier lieu), il y a d’autres attitudes possibles que le suivisme ou le sectarisme !

L’intervention de Solidaires-RATP, après la puissante grève unitaire du 13 septembre, a suscité un grand espoir. La grève reconductible du 5 décembre à la RATP ne sera donc pas isolée : le congrès a décidé de lancer à son tour un appel à la grève reconductible dans le ferroviaire. Pour une dynamique interprofessionnelle et unitaire large contre les projets mortifères de Macron et du patronat !

Des cheminot·es de l’UCL

[1Lire « SNCF : la grève intermittente, une machine à perdre », AL, juillet-août 2018.

[2Lire « Ferroviaire : les syndicats de lutte mis au pied du mur », AL, septembre 2019.

 
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