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On a toujours raison de se révolter !

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Il fallait que ça craque, ça a craqué. On ne pouvait pas indéfiniment rester dans une situation pareille en Seine-Saint-Denis (Région parisienne), ce département sinistré de l’Éducation nationale.

Des moyens en baisse constante, des établissements délabrés, des profs démoralisés, des élèves dont l’avenir semblait de plus en plus incertain (moins de 45% de réussite au brevet, moins de 50% au bac), et l’arrogance d’un ministère qui ne cherchait qu’à culpabiliser profs et élèves sans reconnaître sa responsabilité.

Après que, le 2 mars, le ministre (PS) Claude Allègre ait annoncé un « plan d’urgence » bidon pour réhabiliter les établissements du département, une grève dure et massive s’est déclenchée, à l’initiative des syndicats enseignants (au premier rang desquels la FSU, le SGEN-CFDT et SUD-éduc’) et fortement relayé par des comités de parents d’élève FCPE et le grand nombre des élèves.

Au bout d’un mois de lutte, c’est finalement le Conseil régional d’Ile- de-France qui a cédé à la pression de la rue et a annoncé un plan de rattrapage. Sur cette concession, et avec les vacances de Pâques, les élus pensaient s’en tirer à bon compte, mais dès la rentrée, le mouvement reprenait, les aides obtenues n’étant visiblement pas suffisantes pour parer à l’urgence de la situation.

Quelle place pour les lycéen(ne)s dans ce mouvement ?

La présence des élèves dans ce mouvement a été déterminante, d’une part pour montrer que les enseignants n’étaient pas isolés dans la revendication, d’autre part parce que cela a constitué une démonstration de la volonté citoyenne des lycéens, de n’être pas seulement des consommateurs et des « moutons » de l’Education nationale, mais également des acteurs écoutés et respectés en tant que tels.

Seule ombre au tableau : les lycéens se sont trop montrés dépendant de la volonté des profs qui, eux, sont organisés en syndicats. Il faut dire que depuis 1968 et ses Comités d’Action Lycéens (CAL), les lycéens ont trop souvent négligé de se constituer des organisations autonomes (hormis la FIDEL et l’UNL, faux syndicats lycéens et vrais sous-marins du PS), ce qui entraîne des risques de récupération et d’instrumentalisation de leurs mobilisations.

Or les lycéens, qu’ils soient en enseignement professionnel ou en enseignement général, ont des choses à dire, et se mobiliser c’est bien, mais il faut savoir pourquoi faire.

Lutter contre les inégalités !

Les inégalités dans l’Education nationale, elles ne sont un secret pour personne.

Inégalité des moyens d’abord, entre lycées de prestige et lycées défavorisés : les aides allouées aux lycées classés en ZEP (Zone d’Education Prioritaire) sont souvent insuffisantes, ou alors des lycées qui mériteraient d’y être classés ne le sont pas. Quand on sait que l’Etat verse chaque année des centaines de millions de francs d’aide à l’enseignement privé et confessionnel, un scandale !

Inégalité ensuite entre lycées d’enseignement général et LEP. L’enseignement technique et professionnel est considéré comme un dépotoir plutôt que comme une catégorie à part entière ; la hiérarchie stupide entre ces deux formes d’enseignement aboutit en plus à dégrader et à compartimenter le savoir pratique et le savoir théorique alors qu’ils devraient être enseignés à égalité.

Mais les inégalités au sein de l’Education nationale ne sont souvent que le reflet des inégalités sociales sur lesquelles notre société est fondée. Remettre en cause cela dans l’Education nationale, c’est participer d’une logique d’ensemble de remise en cause du capitalisme.

L’unité de la jeunesse reste à faire

Lorsqu’on est scolarisé, que ce soit en LEP, en lycée d’enseignement général ou dans l’Enseignement supérieur (fac, IUT, STS), on a tous quelque chose en commun : être usagers d’un système de formation qui contient notre avenir. Et la sélection scolaire au sein de l’Education nationale n’est qu’un moyen de légitimer la hiérarchie dans notre société entre classe dirigeante (issue de l’ENA, de Polytechnique, Science-Po, les Hautes écoles de commerce, de l’ENS...) et classes dirigées (issues des circuits traditionnels généraux et techniques).

Luttons tous ensemble pour un système d’éducation égalitaire qui ait pour but l’émancipation de l’individu, la diffusion du savoir, l’apprentissage de la citoyenneté et de l’esprit critique... et non pas seulement la reproduction des inégalités sociales ! Luttons tous ensemble, lycéens, étudiants, travailleurs, chômeurs, pour une autre société solidaire, égalitaire et libertaire !

 
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