Manifeste de l’UCL

Une stratégie fondée sur les luttes sociales et l’auto-organisation

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Seules les luttes directes menées à la base peuvent imposer de véritables transformations contraires aux intérêts capitalistes. Nous opposons une stratégie de luttes sociales motrices des changements à la stratégie social-démocrate de transformations opérées depuis les institutions étatiques par les partis politiques.

Assemblée générale à Jussieu pendant le mouvement contre le contrat première embauche (CPE), en 2006.
cc Thibautcho

Les acteurs et actrices, les décideurs et décideuses de ces transformations ne sont donc pas les dirigeants politiques ou les minorités militantes, mais les travailleurs et travailleuses, les étudiant·es et lycéen·nes, la population, s’inscrivant dans des mouvements de masse, sans élitisme.

L’autogestion des luttes, le pouvoir aux assemblées générales, leur coordination démocratique, sont la condition nécessaire pour que toutes et tous puissent remplir ce rôle de décideur collectif. De multiples expériences ont démontré la validité de la démocratie directe par l’autogestion.

Une animation autogestionnaire des luttes

Les militantes et les militants peuvent apporter une aide décisive au déclenchement et à la conduite des luttes de masse. Nous promouvons une conception autogestionnaire du rôle d’animateur et d’animatrice des luttes. Placée souvent en situation active – organisateurs et organisatrices, porte-parole, coordonnateurs et coordonnatrices, mandaté·es –, l’intervention autogestionnaire est nécessairement contradictoire puisqu’elle tend, en même temps, à l’autodirection des mouvements par ceux et celles qui luttent, à la prise de parole par tous et toutes, et à la responsabilisation collec­tive. Cette dialectique vivante est nécessaire. Elle peut permettre d’éviter deux écueils : celui du dirigisme et celui du sponta­néisme.

L’autonomie ouvrière, et plus largement celle de tous les mouvements sociaux, est nécessaire à cette affirmation de la base sociale comme sujet maîtrisant ses luttes. Autonomie par rapport aux institutions étatiques et aux pouvoirs patronaux. Autonomie par rapport à toute forme de direction extérieure. Mais aussi autonomie ­créatrice : dans les luttes d’aujourd’hui, nous préparons la société de demain !

Les luttes sociales ne se limitent pas à celles que les travailleurs et travailleuses mènent dans les entreprises. La remise en question globale du système passe aussi par d’autres mobilisations de masse autogérées : celles sur nos lieux d’étude, des chômeurs, chômeuses et précaires, les luttes sur l’habitat, le cadre de vie, le combat écologiste, les droits des femmes, les luttes contre le racisme…

Contre les tentations avant-gardistes

Dans une telle conception des luttes sociales, nous donnons la priorité, non pas à la radicalité idéologique, mais à la possibilité de mobiliser, de faire agir, débattre collectivement des franges importantes des classes dominées.

Une révolution autogestionnaire ne pourra se construire sans l’affirmation d’une volonté massive de la société pour celle-ci. L’impact de nos luttes d’aujourd’hui sur la conscience collective dépendra bien évidemment de nos capacités à développer des pratiques autogestionnaires et alternatives à un niveau de masse.

Dans cette optique, nous combattrons toutes les tentations avant-gardistes, les minorités s’autoproclamant représentantes de la base et méprisant ou instrumentalisant les cadres collectifs. Il s’agit dans un premier temps de construire des mouvements massifs, tout en y avançant des propositions visant à dépasser leurs limites propres (isolement, corporatisme…) et en y soutenant des orientations autogestionnaires.

Cela ne signifie pas la condamnation de toute action minoritaire, mais cela signifie que toute action minoritaire doit s’inscrire dans une perspective d’élargissement à un niveau de masse.

La prise de conscience par l’expérience

Le système capitaliste a une immense capacité à récupérer, puis à remettre en cause ultérieurement tout ce que les rapports de force peuvent lui imposer. Malgré cela, nous affirmons que les luttes revendicatives – dont les objectifs ne sont pas, par définition, révolutionnaires – peuvent entraîner la mobilisation massive des exploité·es et permettre des prises de conscience et des expérimentations concrètes d’auto-organisation porteuses de ruptures anticapitalistes.

De même des réalisations alternatives, des coopératives et des activités associatives autogérées peuvent être porteuses d’une remise en question globale de la société, si elles savent rester en lien avec les travailleurs et les travailleuses, la population, la lutte de classe.

Notre stratégie inclus des revendications à court et long terme, notre objectif est d’améliorer les conditions matérielles d’existence de toutes et tous en visant l’avènement du communisme libertaire.

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