Manifeste de l’UCL

Une démarche ouverte

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Nous sommes partisan·es de ­l’auto-organisation et de la démocratie directe, rétifs et rétives en cela au culte de l’unanimité comme à un spontanéisme sommaire. Nous savons que ces préoccupations peuvent rencontrer celles d’autres « écoles » du socialisme.

L’UCL ne prétend pas devenir, à elle seule, l’alternative au capitalisme.
cc Mathieu Colloghan

Le communisme libertaire que nous promouvons s’inscrit dans une histoire longue, celle du socialisme anti-autoritaire et qui prend ses sources dans la Première Internationale. Il hérite pour l’essentiel des décennies de luttes, d’analyses, de remises en causes stratégiques du courant libertaire « lutte de classe ». C’est dans celui-ci qui est la principale incarnation politique de ce socialisme que nous nous inscrivons.

Il n’a rien à voir avec un individualisme qui nierait l’antagonisme des classes et la nécessité de l’action collective pour bouleverser l’ordre du monde. L’appropriation, la socialisation et l’autogestion des moyens de production sont notre ordre du jour pour en finir avec le capitalisme. Nous récusons la politique bourgeoise, et notre intervention ne peut être que résolument extraparlementaire. La « dictature du prolétariat », le léninisme et les expériences des pays dits « socialistes » ne font pas partie de notre histoire.

Pour autant, nous ne prétendons à aucun monopole. Diverses organisations et regroupements existant se réclament d’une filiation libertaire. Nous sommes pour le débat, pour que les forces soient mises en commun aussi souvent que possible, sans nier les spécificités de chacune. Un même souhait de confrontations et d’unité nous conduit à refuser les sectarismes entre toutes les forces qui combattent sincèrement le capitalisme et les autres systèmes de domination.

Refuser les sectarismes

Nous sommes partisan·es de ­l’auto-organisation et de la démocratie directe, rétifs et rétives en cela au culte de l’unanimité comme à un spontanéisme sommaire. Nous savons que ces préoccupations peuvent rencontrer celles d’autres « écoles » du socialisme. Depuis la seconde moitié du XXe siècle, plus encore après Mai 68, le courant communiste libertaire a su s’ouvrir aux expériences, s’intéresser aux courants avec lesquels il partage des points communs et même en intégrer les acquis positifs.

Ainsi nous pensons qu’un dialogue est toujours possible et souhaitable avec les différents courants révolutionnaires, d’origines marxistes ou anarchistes.

Si nous rejetons les illusions étatistes véhiculées par les courants et les théories marxistes, les libertaires ont largement puisé, comme Bakounine en son temps, et sans la fétichiser, dans la pensée maté­rialiste et dialectique synthétisée notamment par Marx. Celle-ci continue d’occuper une place singulière pour celles et ceux qui veulent changer le monde. En ­particulier lorsqu’elle ne s’égare pas dans le surdéterminisme économique. Pour nous, il n’y a ni destin ni fatalité : c’est bien nous toutes et tous qui, par notre action, faisons l’histoire.

Puiser aux meilleures sources

Nous puisons plus largement dans les courants qui travaillent à l’émancipation de toutes et tous. En en faisant l’expérimentation concrète, notre courant a su faire sienne la pratique syndicaliste révolutionnaire : démocratie syndicale et ouvrière, sens de la grève, rôle des animateurs et animatrices autogestionnaires de lutte, stratégie des contre-pouvoirs…

De même, sur l’écologie, le féminisme, les combats anticolonialistes et antiracistes, nos analyses ont évolué au contact de courants militants, de luttes et de résistances bien réelles. Avant toute chose, c’est en nous immergeant au cœur de ces luttes et de ces résistances que nous éviterons de nous scléroser, de nous racornir sur un étroit pré carré doctrinaire.

C’est pourquoi nous nous inscrivons dans une double démarche :

  • développer notre courant libertaire « lutte de classe » ;
  • contribuer à l’émergence d’un vaste mouvement anticapitaliste et autogestionnaire, nécessairement unitaire.

L’Union communiste libertaire ne prétend pas devenir à elle seule, en comptant sur ses seules forces, l’alternative au capitalisme. Il serait non seulement prétentieux mais aussi dangereux de croire ou de feindre le contraire. Rejetant tout sectarisme et tout isolationnisme, nous voulons être une des forces unificatrices pour le mouvement révolutionnaire et le mouvement ouvrier.

Dans les périodes de recul, l’unité de toutes et tous les anticapitalistes, l’ouverture au mouvement social, permettent la solidarité face à la répression et à une machine étatique qui traque des révolutionnaires.

Dans les périodes de montée des luttes, ­cette unité favorise et amplifie l’action des révolutionnaires face à celles et ceux qui combattent la rupture avec le vieux monde. Mais cette unité ne doit pas masquer nos divergences idéologiques ou stratégiques qui ne manqueront pas de s’affirmer en période ­révolutionnaire.

Devenir une force politique qui compte

Cette démarche ouverte vise à concrétiser une force de masse, qui pèsera à très grande échelle dans la société, aidant à la multiplication des contre-pouvoirs et préparant les conditions de la rupture révolutionnaire. Cela veut dire inscrire prioritairement ses interventions sur le terrain social, à la base de la société, reliant les luttes anti­patriarcales, écologistes, anti­racistes, les luttes ouvrières, en leur proposant une perspective autogestionnaire. Un mouvement politico-social donc, et non pas un nouveau parti.

Des actions nouvelles sont nécessaires pour permettre l’expression et l’organisation des révoltes de la base de la société. Nous voulons activement y contribuer car ces pratiques communes permettront les réponses nécessaires, face aux menaces de l’extrême droite et aux illusions véhiculées par la « gauche » de gouvernement. Nous voulons devenir demain une force politique majeure, qui donne au courant libertaire « lutte de classe » une assise auprès des larges masses, et ce dans un mouvement révolutionnaire, s’inscrivant dans un mouvement ouvrier refondé et renouvelé.

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