Politique

Dans la rue le 7 décembre contre le racisme et pour l’égalité

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En décembre 1983, une vingtaine de jeunes immigré-es, partis de Marseille pour protester contre les violences policières, réclamer une carte de séjour de 10 ans et demander le droit de vote des étranger-es, étaient accueillis par 100 000 personnes à Paris. En décembre 2013, le combat des marcheurs-ses des années 80 est plus que jamais d’actualité.

C’est pour le poursuivre qu’une centaine de collectifs, d’associations (dont de nombreuses issues de l’immigration), de syndicats et d’organisations politiques (dont Alternative libertaire) appellent à manifester samedi 7 décembre à 14h, du square Saint Bernard (dans le 18e) à la place de la République.

La première marche pour l’égalité et contre le racisme, en 1983, lança un formidable mouvement d’émancipation qui dura pendant plusieurs années. En 1984 et 1985, d’autres marches eurent lieu comme Convergence 84 et Divergence 85. Il y eut également de nombreuses luttes pour l’égalité des droits et contre les violences policières durant cette décennie, le plus souvent suite à des crimes policiers. Ces luttes ont permis de mettre sur le devant de la scène la jeunesse issue de l’immigration et de prendre à témoin la société française du racisme quotidien qu’elle subissait.

Résister au racisme aujourd’hui

Aujourd’hui rien n’a changé, comme en témoigne le racisme anti-Noirs déversé contre Christiane Taubira. Les discriminations racistes perdurent dans la vie quotidienne (contrôles au faciès, violences policières, discriminations pour l’accès au logement ou à l’emploi) et sont renforcées par des lois xénophobes ou islamophobes. Aujourd’hui les quartiers populaires connaissent toujours davantage la précarité, la misère et la répression. Et aujourd’hui, comme il y a trente ans, il est plus que temps que l’on réagisse, que l’on lance un grand mouvement antiraciste regroupant toutes les victimes du racisme, organisées de manière autonome et soutenues par les organisations politiques.

Non à la récupération !

Il y a trente ans lors des marches pour l’égalité, tout comme aujourd’hui à l’occasion de leur commémoration, le PS tente de couvrir le feu de la colère populaire en verrouillant les cadres d’organisation. En 1984, c’est en créant SOS Racisme que le pouvoir socialiste avait essayé de canaliser et neutraliser le formidable mouvement d’émancipation lancé par les marches. Aujourd’hui, le Parti socialiste, de nouveau au pouvoir, a enterré le projet de droit de vote pour les étranger-es (déjà une promesse de Mitterrand). Le PS continue de jouer un double jeu : d’un côté, il dénonce les insultes racistes mais, de l’autre, il poursuit la politique raciste du précédent gouvernement en particulier à l’égard des Roms et des sans-papiers.

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Trente ans après les marches, il faut donc à la fois s’inspirer des luttes pour l’émancipation et ne pas se laisser berner par les stratégies politiciennes diverses visant à casser les dynamiques associatives autonomes et revendicatives dans les quartiers pour en retirer un bénéfice électoral.

Le combat doit continuer !

Les luttes antiracistes continuent aujourd’hui, qu’il s’agisse des mobilisations lycéennes contre les expulsions ou des combats pour la vérité et la justice dans les affaires de crimes policiers. Il faut désormais unir ces luttes dans un mouvement antiraciste de masse autour de revendications radicales :
- l’abolition des lois racistes ;
- la régularisation de tous les sans papiers et la liberté de circulation ;
- la vérité et la justice dans les affaires de crimes policiers et la fin de l’impunité policière ;
- la redistribution des richesses pour en finir avec l’exclusion ;
- la construction d’une société solidaire débarrassée de l’exploitation capitaliste.

Tous dans la rue le 7 décembre contre le racisme et pour l’égalité !

 
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