Dom-Tom : Referendum et poker menteur

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Le 7 décembre, les électeurs et électrices de Martinique et de Guadeloupe vont voter pour dire si oui ou non ils/elles approuvent le principe de la collectivité territoriale unique pour chacune des deux colonies françaises. Actuellement, chaque DOM est administré à deux niveaux par un conseil général et un conseil régional. Si le oui l’emporte, le conseil régional sera l’entité qui concentrera tous les pouvoirs territoriaux. À l’origine de cette réforme insttitutionnelle, on trouve des élu(e)s de diverses sensibilités de droite comme de gauche, mais aussi des indépendantistes de Guyane, de la Martinique et de Guadeloupe. Ils/elles ont formulé cette proposition dans le cadre du débat sur la décentralisation.

Le gouvernement français leur a donné gain de cause... sauf en Guyane où la droite de veut pas de cette réforme.

En Guadeloupe, les socialistes sont divisés entre partisan(e)s du oui et du non, ces dernier(e)s craignant de voir la présidente UMP, Lucette Michaux Chevry, renforcer son pouvoir à la tête de la région.

En Martinique comme en Guadeloupe, les indépendantistes soutiennent le oui car ils/elles voient d’un bon œil tout ce qui peut renforcer l’autonomie des DOM par rapport au gouvernement français. Les notables favorables au non sont en fait inquiets de la perspective de voir le nombre de postes institutionnels se réduire pour eux et leurs amis.

D’une manière générale, le gouvernement Raffarin s’est peu engagé dans ce référendum (après sa déconvenue en Corse), il a programmé une campagne électorale très courte, joué sur les divisions de la classe politique antillaise et défend très mollement le oui. En Guadeloupe, la campagne commence sous haute tension, le patronat local engagé dans une campagne de répression syndicale contre les responsables de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe du secteur des produits pétroliers, accuse sans preuves le secrétaire de l’UGTG, Raymond Gauthiérot d’avoir tenté de mettre le feu à un dépôt d’essence de la firme Chevron Texaco. C’est à se demander si ceux qui dirigent réellement la Guadeloupe ne cherchent pas à rééditer un « effet Colonna » pour faire triompher le non.

C.J.

 
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