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Droit de réponse : mouvement antiguerre et la laïcité

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Nous avons reçu un courrier de Denis Godard d’Agir contre la guerre (ACG) en réponse à un encart intitulé " Une idée en vogue " qui s’insérait dans un autre article : « Extrême gauche : “Unité d’action” avec les islamistes ? » (Alternative libertaire n° 129, mai 2004).


« Je souhaite réagir à l’article paru dans votre revue le mois dernier, critiquant ACG. [...] »

« Il me semble plus important de débattre sur le fond, c’est-à-dire la stratégie défendue par ACG pour la construction du mouvement antiguerre, que sur les attaques contre ACG relayées par l’auteur de l’article. Pour cela vous pourrez consulter le site d’ACG [1] où, vu la diffusion systématique de ces attaques sur les listes militantes, il s’avère aujourd’hui nécessaire de répondre. [NDR : Il s’agit d’un texte des militant(e)s ACG de Saint-Quentin-en-Yvelines, expliquant leur départ, car ils et elles ne toléraient plus la complaisance d’ACG envers les islamistes qui animent une partie de la résistance irakienne à l’occupation, tout en s’attaquant physiquement au mouvement ouvrier et féministe irakien. Ces militant(e)s ont depuis constitué le réseau Solidarité Irak. À l’heure où nous mettons sous presse, le site web d’ACG n’a pas publié de réponse à leurs critiques.] »

« D’autant plus quand, à l’image de votre article, ce communiqué est utilisé ici ou là sans rechercher la moindre confrontation avec la version des animateurs d’ACG. [...] ACG n’est pas une organisation politique porteuse d’un projet global de société. Parmi tous ceux et celles qui sont opposés à la guerre de nombreuses analyses et perspectives divergentes, voire même contradictoires sur certains points, existent, qu’elles se cristallisent ou pas dans l’appartenance à des organisations différentes. [...] En ce qui concerne les organisations musulmanes, ACG considère que toutes les organisations et associations ayant une référence confessionnelle, forment - quand elles prennent position contre la guerre - une des composantes du mouvement antiguerre. Cela n’a, apparemment, jamais posé de problème lorsqu’il s’agissait d’associations ou organisations chrétiennes (participation de la JOC, du CCFD ou de la Cimade par exemple). Étant donné le contexte d’attaques particulières contre la communauté musulmane, ACG considère comme légitime et même souhaitable pour le succès du mouvement, la participation d’organisations musulmanes désireuses de participer aux cadres communs de mobilisation. [...] »

« Guillaume Davranche ne pense pas que le fait d’être musulman(e) empêche d’être opprimé(e) et exploité(e). Il ne contestera pas non plus le fait que pour ceux et celles qui sont exploité(e)s et musulman(e)s, leur croyance religieuse influence au moins partiellement leur vision du monde. Il ne pourra alors pas contester non plus le fait que des musulman(e)s cherchent à exprimer leur résistance à travers les canaux de leur croyance et donc, concrètement, pour certain(e)s à travers des organisations qui s’en réclament. »

Denis Godard


Une réponse de Guillaume Davranche

L’évocation du CCFD ou de la Cimade ici est sans rapport. Il s’agit seulement d’organisations humanitaires à référence religieuse. L’article « Unité d’action avec les islamistes ? » contestait la stratégie d’alliance avec des organisations religieuses proprement dites, dont l’objectif essentiel est le prosélytisme spirituel. Faire participer des croyant(e)s à des luttes sociales et politiques est vital, mais dans un cadre laïc. C’est de cette façon que le mouvement ouvrier, dans tous les pays (chrétiens comme musulmans), a toujours fait reculer l’obscurantisme au profit de la raison. Cette critique n’enlève rien à l’irremplaçable travail de mobilisation que fait le réseau ACG contre le colonialisme occidental au Moyen-Orient.

 
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