Cinéma : Jean-Gabriel Périot « Une jeunesse allemande »

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Pour son premier long métrage, le réalisateur de documentaires Jean-Gabriel Périot s’intéresse à la bande à Baader. Plus précisément, Une jeunesse allemande se penche sur la période précédant celle de la lutte armée. Une des raisons de ce choix est que les images de cette période pullulent, entre autres parce que les membres de la future RAF ont ­d’abord, pour plusieurs d’entre eux, voulu changer le monde en faisant des films, politiques bien sûr mais néanmoins esthétiquement forts et chargés d’humour (on y voit, par exemple, une course de relais intense et décalée avec drapeau rouge dans les rues de Berlin). Ulrike ­Meinhof, de son côté, était une éditorialiste relativement influente régulièrement invitée sur les plateaux télé, et qui avait donc les moyens de s’exprimer pour un large public – ce qui indique d’ailleurs que ce n’est pas la privation de parole qui explique la radicalisation. Réalisé exclusivement avec des images d’archives (films d’école, émissions télévisées...), sans voix off, confrontant le spectateur à des images ancrées dans leur temps, où les événements futurs ne sont pas encore connus. Si les raisons du passage à la lutte armée n’y sont donc pas vraiment explicitées, le film rend magnifiquement l’esprit de révolte qui a marqué l’époque.

Vincent (AL Paris-Sud)

Jean-Gabriel Périot, Une jeunesse allemande, 2015, 93 min, en salles depuis le 14 octobre.

 
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