Constitution Européenne : Mise au point : AL et la campagne d’opposition

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Sur la consigne de vote

Certains observateurs pourraient s’étonner de la prise de position d’AL pour le « non » à la Constitution européenne, en croyant que « les anarchistes ne votent jamais ». La question n’est pas là : les communistes libertaires refusent de participer à la mascarade électorale puisque nous affirmons que le vrai pouvoir est entre les mains des capitalistes (que personne n’élit). Mais ici, il ne s’agit pas d’élire des représentant(e)s, mais de se prononcer sur un projet de démolition sociale.

C’est pourquoi AL s’est prononcée pour « non anticapitaliste et internationaliste ». Effectivement il ne s’agit pas seulement de dire « non », mais de dire le pourquoi de ce « non ».

Sur l’Appel Copernic

C’est justement notre anticapitalisme qui nous a dissuadé de signer l’appel « Dire non au traité constitutionnel pour construire l’Europe » lancé par la Fondation Copernic, et qui a déjà été rejoint par la LCR, les Alternatifs, et quelques personnalités du PS et du PCF. Le positionnement de ce texte est social-démocrate, car il entretient l’illusion qu’une « autre Europe » est nécessaire « face à la mondialisation libérale ». Imaginerait-on des révolutionnaires assez myopes pour affirmer qu’il faut « Dire non à la Refondation sociale du Medef pour construire une autre France » ? Et que la « République » peut être un rempart contre le patronat ?

Mais ne pas souscrire au texte de Copernic ne signifie pas qu’AL s’isolera dans sa propre campagne d’opposition, et refusera de travailler avec les forces parties prenantes de l’Appel Copernic. Le pragmatisme consistera à trouver la voie d’une coopération, malgré Copernic, sur des bases de classe.

Sur la focalisation sur l’UE

Attention, la lutte des classes ne se résume pas à l’opposition au projet constitutionnel. Et tous les maux de la société ne viennent pas de Bruxelles, comme certains argumentaires syndicaux voire d’extrême gauche le laissent entendre. En ce domaine, Seillière et Raffarin sont assez grands pour agir sans l’UE. L’opposition à la démolition sociale et au capitalisme se fait en premier lieu dans les luttes, mais battre la Constitution, si cela ne déclenche pas une « crise » de l’UE, alimentera le rapport de force contre le Medef et ses hommes de main du PS et de l’UMP.

 
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