Musique : Les Bérus à Rennes : Nuit apache ?

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Jeudi 4 décembre, soir d’ouverture des Transmusicales de Rennes, on est nombreux à avoir fait le déplacement pour l’événement, 14 ans après leur séparation, Bérurier noir est de retour. En début de soirée, Denez Prigent puis Arno se succèdent dans une salle à moitié pleine tandis qu’une raïa punk, rude boy, techno, enfle à l’extérieur, du côté du bar ou sous la tente de la CNT où l’on peut croiser des membres de la Brigada Flores Magon ou Marsu, l’ancien manager des Bérus et actuel « patron » de Crash disques.

Enfin c’est la ruée : ILS sont là. « Béru, Béru, Béru... » scande la salle archi-comble (6 000 personnes environ), où c’est le chaos avant même l’apparition du groupe. Puis un riff, une boîte à rythme et les Bérus apparaissent, François masqué, Loran en Kilt pour une session qui démarre au quart de tour avec Lobotomie, Petit Agité et Vivre libre ou mourir, déclenchant illico un pogo géant de 2 000 personnes.

« Même pas morts », le slogan du concert semblait bien se vérifier, le public est toujours au rendez-vous pour les plus vieux, ou découvre LE groupe mythique pour les plus jeunes... jusqu’aux premiers titres inédits du concert, Liberté qui casse un peu l’ambiance par son côté gentillet, et Le Druide et le Loup, carrément baba cool. Si les titres mythiques comme Porcherie ou Vive le feu fonctionnent à fond avec le show toujours efficace des saltimbanques déjantés sur scène, l’absence complète de discours politique, de la part de ceux qui ont politisé toute une génération, est décevante. Décevant aussi le dub final sur un Salut à toi mollasson et un Bella Ciao raté qui finissent par donner un léger goût de ratage à ce come-back des Bérus.

Mais le come-back aura-t-il vraiment lieu ? Quatorze ans après leur séparation, les Bérus sont apparus légèrement dépassés par les événements, et notamment par un public en furie et pas trop solidaire (on a souvent vu des gens tomber dans la cohue et leurs voisins ne rien faire pour les aider à se relever…). Loran et François avaient annoncé qu’un éventuel avenir des Bérus dépendrait beaucoup de ce qui se passerait ce soir-là à Rennes. Or si le concert laissera un bon souvenir (faut quand même pas cracher dans la soupe !) , les Bérus et leur public se sont entrevus, ils ne sont pas rencontrés...

 
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