Syndicalisme étudiant : Construire un rapport de forces

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Notre précédent article sur Solidaires étudiant-e-s, publié en septembre, a suscité des interrogations de la part de militants et militantes syndicalistes étudiants d’Alternative libertaire. Nous publions ici leur réaction.

Dans le journal de septembre a été publié un article intitulé « Des tensions paralysantes » à propos du congrès de Solidaires étudiant-e-s. Cet article signé par « des étudiants et des étudiantes d’Alternative libertaire », n’a pas fait l’unanimité au sein des étudiants et des étudiantes d’Alternative libertaire. Même si nous ne renions rien sur le fond, nous sommes plusieurs à penser qu’il n’avait pas sa place dans le journal. Le syndicat doit d’abord tirer un bilan constructif de ce congrès raté, afin de trouver une solution collective à sa paralysie fédérale que seule sa démocratie interne et autogestionnaire résoudra. Ce qui est fait est fait. Mais il nous a semblé important de le souligner.

S’il est indéniable que des tensions internes engourdissent le fonctionnement fédéral du syndicat, il est aussi évident que l’enjeu de la rentrée universitaire et syndicale se situe ailleurs. Solidaires étudiant-e-s est un outil au service des étudiants et des étudiantes, et de leurs luttes. Aujourd’hui les étudiantes et les étudiants sont confronté-e-s à une sélection aggravée, et les syndicats sont submergés par les demandes d’étudiantes et étudiants sans inscription. Les conditions d’étude sont catastrophiques : classes surchargés, services administratifs diminués, encadrement pédagogique réduit. Solidaires étudiant-e-s continue donc son travail de terrain, localement, en aidant concrètement celles et ceux qui subissent de plein fouet les transformations libérales de l’université.

Université en voie de privatisation

Mais c’est bien par la construction d’un véritable rapport de forces avec le gouvernement que nous pourrons changer la donne. Et cela commençait le 16 octobre, avec une journée d’action nationale contre l’austérité dans l’enseignement supérieur et la recherche. Dans plusieurs villes, des assemblées générales et des rassemblements réunissant personnels et étudiants ont eu lieu. Si cette journée à eu le mérite de constituer un premier pas, les initiatives n’ont malheureusement pas réussi à mobiliser largement. À Paris, on dénombrait un peu plus d’un millier de manifestants, avec des enseignants quasiment absents. Pourtant, la colère couve dans nos facs et si elle se transforme pour le moment en résignation, elle pourrait aussi bientôt éclater. Afin d’avoir une vraie force de frappe, il est nécessaire que Solidaires étudiant-e-s se renforce et se développe dans chaque lieu d’enseignement et formation. Pour cela, participer au développement de l’union syndicale Solidaires et des union locales, en s’associant à leur action, garantira un travail interprofessionnel efficient.

Alors que le gouvernement poursuit les politiques de désengagement financier de l’État de l’enseignement supérieur et de la recherche et que l’université est en voie de privatisation, il apparaît primordial que Solidaires étudiant-e-s poursuive son combat pour que l’université devienne un véritable lieu de formation, de circulation et de production de savoirs, ouvert pour l’émancipation de toutes et tous, et ce dans une perspective de transformation sociale globale !

Des étudiants et étudiantes d’AL

 
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