Edito : La conquête du pain

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Émeutes de la faim, grèves générales contre la vie chère : à Haïti, au Bengladesh, au Cameroun, aux Philippines, au Burkina Faso, en Égypte, les peuples s’insurgent !

La flambée des denrées alimentaires a entraîné des révoltes populaires dans plus de 30 pays.

Face à la crise, les cerveaux malades de boursicoteurs à la solde des fonds d’investissements voient dans les matières premières une « valeur refuge ». Pour une bonne part, ce sont eux qui font exploser les prix : riz, soja, blé et maïs valent de l’or pour les apprentis sorciers du capitalisme.

Résultat : une hausse du prix des céréales de 84 % en quatre mois ! La valeur marchande, véritable totem du capital, fait fi des besoins vitaux de centaines de millions de personnes sous-alimentées.

Mais cela n’est que l’aboutissement de l’exploitation du Sud par le Nord. Le FMI comme la Banque mondiale ne proposent aux pays pauvres qu’un choix cornélien : servez l’Occident riche ou crevez. Si la dernière lubie de W. Bush ou de l’Union européenne, ce sont les agrocarburants, qu’ils ne s’inquiètent pas : les économies vassalisées des pays « en développement » réussiront bien à satisfaire leurs caprices. Et tant pis si les rêves de consommation du Nord sont les pires cauchemars des petits paysans et des travailleurs du Sud : chaque millier d’hectare dévolu à produire du carburant est pris sur la production de nourriture.

C’est cette misère devenue insupportable, qui pousse les classes populaires à investir les rues de Ouagadougou, de Douala, de Manille ou de Port-au-Prince, malgré la répression et les morts.

Cette colère qui éclate aux quatre coins du globe, cette colère à l’encontre d’une mondialisation capitaliste prédatrice, est aussi la nôtre.

Alternative libertaire, 21 avril 2008

 
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