STM Aix : La grève met à nu le scandale des subventions

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Après les caissières de Carrefour et les salariés de Coca-Cola sur Marseille, ce sont les salarié-e-s de STM-Rousset qui sont passés à l’action pour les salaires. Très énervé-e-s par les subventions touchées par l’entreprise.

« Votre augmentation gérée par le CAC 40 », ainsi titrait le tract distribué par les salarié-e-s provençaux de STMicroelectronics, écoeurés par la disproportion entre l’explosion des dividendes des actionnaires (+ 20 %) et leur augmentation de salaire annuelle (+ 1,7 %). Le PDG, Carlo Bozotti, s’est lui-même augmenté de 119 % et a reversé, pour l’exercice 2007, 209 millions d’euros aux actionnaires.

Cotée au CAC 40 et adhérente de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), STM possède une usine dans la zone industrielle de Rousset, une zone qui contribue à faire des Bouches-du-Rhône le premier pôle de microélectronique de France et du Sud européen.

Ce qui reste en travers de la gorge des salarié-e-s, c’est que l’entreprise reçoive des millions d’euros d’aides publiques des collectivités territoriales – conseil général, conseil régional, communauté d’agglomération du pays d’Aix – et que l’État, actionnaire à 13,77 %, parle sans cesse de pouvoir d’achat sans jamais parler d’augmentation des salaires.

À deux reprises les CRS sont intervenus sur les piquets de grèves pour permettre aux vigiles privés de STM de démonter les barrages sous les insultes.

Le PS a un « redoutable sentiment »

Finalement, la grève aura obligé la Région à bouger. Le président socialiste de la région Paca, Michel Vauzelle, a dû menacer de supprimer les subventions et a demandé l’intervention de la commission de contrôle, exprimant benoîtement « le redoutable sentiment d’avoir versé directement des dividendes aux actionnaires tandis que les salariés sont maintenus dans des conditions salariales inacceptables et méprisés par leur direction ». La Région s’était en effet engagée à verser pas moins de 12,3 millions d’euros à STM entre 2003 et 2008 ! « L’argent rentre et on ne sait pas où il va », confie un camarade.

Cette menace de couper le robinet des fonds publics a sans aucun doute joué dans la reculade finale de la direction de STM dans les négociations.

Au bout du compte, l’assemblée générale a voté la reprise du travail le 10 avril. Les salarié-e-s, revendiquaient une augmentation générale de 3% des salaires. Ils et elles ont obtenu une « prime de performance » représentant 1,9 % du salaire brut de base mensuel, en complément de l’augmentation de 1,7 % déjà obtenue suite aux premiers débrayages avant le 20 mars. À cela il faut ajouter une « prime liée à la performance équipe » de 1 % – une prime « récurrente, mensuelle, assise sur le salaire, non liée à tel ou tel résultat ou performance », précise la CGT. Pour les jours de grève, alors qu’ils et elles demandaient 40 % payés et 40 % convertis en congés, ils ont obtenu que 40 % des jours de grève soient payés et 27 % transformés en jours de congé ou de récupération. Les retenues sur salaire pour les autres jours de grève seront étalées sur 12 mois.

Une partie de l’AG est restée mitigée sur la reprise du travail, estimant que la direction aurait pu lâcher un peu plus. Mais l’ensemble du mouvement est bien resté sous le contrôle permanent de l’assemblée générale des grévistes, la dynamique solidaire obligeant l’intersyndicale CGT-CFDT-FO à rester unie tout au long des quatre semaines de conflit.

Mais ouf, pour le PS, la grève est finie, la Région va sans doute pouvoir continuer à inonder STM d’argent public !

Axel (AL Aix)

 
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