Edito : l’ennemi intérieur

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La sécurité est la priorité du gouvernement et elle doit passer avant les libertés. Ce n’est pas nous qui le disons mais nos gouvernants, Sarkozy en tête.

Ce discours ne doit pas être pris pour ce qu’il n’est pas : de la simple rhétorique.

Il doit plutôt être considéré pour l’expression d’un pouvoir qui épouse de plus en plus à la fois les formes et les fondements d’un régime autoritaire.

Sous couvert de lutte antiterroriste, nous assistons comme aux États-Unis à un véritable hold up sur les libertés. En effet, la minorité qui gouverne est en train de concentrer dans ses mains un pouvoir de plus en plus puissant, de plus en plus incontrôlable et reposant de plus en plus sur la force policière qu’elle utilise telle une maffia.

Ce renforcement de l’appareil répressif est indissociable de la politique de la terre brûlée que Medef et droite mènent contre les droits sociaux.

Les cibles de ce pouvoir sont de plus en plus nombreuses (lycéen(ne)s, faucheur(se)s volontaires, marins de la SNCM, élèves sans papiers et leurs familles…).

Aujourd’hui, toutes celles et ceux qui contestent par l’action directe la dictature du capital entrent de plus en plus dans le champ de la lutte antiterroriste : ce sont des ennemi(e)s intérieur(e)s.

Avec les rafles menées à Paris et en banlieue comme avec l’intervention quasi systématique de la police dans les grèves, le développement de la vidéosurveillance dans les villes, la répression et le contrôle social sont en train de passer à une autre échelle, une échelle de masse.

De fait, l’État de droit se confond de plus en plus avec l’état d’exception.

Nous sommes donc assez proches de l’univers totalitaire décrit dans le 1984 d’Orwell.

Face à un pouvoir de plus en plus tyrannique, les grands partis et les confédérations syndicales donnent l’impression d’habiter sur une autre planète tant leur silence est assourdissant.

Ils démontrent ainsi de façon éclatante que le défaitisme constitue l’essence même du réformisme et viennent alimenter un peu plus cette crise de la représentation qui se cesse de s’approfondir.

Heureusement, ici et là, des individus organisés ou pas, des réseaux, des organisations sont en train de comprendre que nos libertés sont en danger et qu’il est urgent de ne pas se laisser diviser. Ils voient bien qu’il est urgent de s’organiser, s’entraider et se mobiliser pour reprendre le contrôle de nos libertés et de nos vies.

Qu’il s’agisse des syndicats du ministère du Travail, du Réseau éducation sans frontières ou encore de riverains du quartier Château-d’Eau (Paris 10e) qui ont chassé la police au cours d’une rafle le mercredi 5 octobre, on voit progresser les idées de résistance, de désobéissance civile et d’auto-organisation face à la politique réactionnaire et mafieuse du gang droite-Medef.

Plus que jamais les travailleuses et les travailleurs, les jeunes ne doivent pas se laisser diviser.

Il est nécessaire de s’organiser par en bas dans les entreprises, les bassins d’emplois, les quartiers, les écoles, non seulement pour défendre nos libertés, mais aussi pour imposer la loi de la majorité qui travaille, étudie et se bat pour vivre face à la minorité capitaliste incarnant une classe de parasites.

Patrons, flics, politiciens, qu’ils s’en aillent tous !!

Alternative libertaire, le 21 octobre 2005

 
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