Universités

La loi Pécresse doit être retirée

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La « loi relative aux libertés et responsabilités des universités » (LRU) votée cet été au parlement constitue une attaque grave contre le service public d’éducation. En instaurant un fonctionnement managérial et un financement par le secteur privé des universités cette loi fait peser de lourdes menaces tant sur les contenus pédagogique et la recherche que sur les conditions de travail des personnels et les conditions d’étude des étudiant-e-s. Notamment en ouvrant grande la porte à la sélection et à l’augmentation des frais d’inscription.

Derrière les déclarations hypocrites et mensongères des réformateurs qui prétendent lutter contre l’échec scolaire et le chômage des jeunes, l’objectif est désormais clair : faire des universités de simples entreprises chargées de livrer au patronat de la main d’œuvre docile sur des postes à court terme et de fournir des experts et des expertises visant à perfectionner et légitimer les politiques de domination sociale.

En faisant passer la loi en force et durant l’été, le gouvernement entendait éviter les foudres du mouvement social. Il s’est trompé.

Au début de l’été des Assemblées générales (AG) ont rassemblés des personnels des universités appelant au retrait de cette loi inique. Depuis le mois de septembre de nouvelles la mobilisation étudiante s’amplifie.

Aujourd’hui les AG de Toulouse Mirail, Rouen, Paris 1 et Perpignan ont votés la mise en place de piquets de grève et beaucoup d’autres universités devraient suivre dans les prochains jours. Une première coordination nationale à Toulouse le 27 et 28 octobre regroupant 22 sites universitaires a appelée au développement de la mobilisation et à sa coordination. Les jours de la LRU sont désormais comptés.

Alternative libertaire soutient et participe pleinement au développement de ce mouvement de grève qui au delà du retrait de la loi Pécresse exprime déjà des volontés plus offensives. En effet les problèmes sociaux, dénoncés avec force lors du mouvement contre la précarité du printemps 2006, n’ont pas disparus. Nous soutenons dans ce sens l’élargissement des axes revendicatifs mais aussi les initiatives (forum, débats etc.) visant à la réappropriation des questions politiques à la base. Seul le développement d’un rapport de force conséquent permettra, outre le retrait de la loi, l’amélioration des conditions de travail et d’étude sur les universités et la construction d’une éducation au service de toutes tous et contrôlée démocratiquement.

Enfin nous appuierons les perspectives de convergences avec les autres secteurs en lutte. La logique de casse des acquis sociaux et de privatisation des services publics touche aussi bien les secteurs de l’éducation que ceux des transports ou de l’énergie. La convergence sera nécessaire afin de faire reculer les politiques actuelles dans leur ensemble.

Alternative libertaire, le 5 novembre 2007

 
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