Le capitalisme ne sera jamais en sécurité

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Il y un an, la mort de Zied et Bouna embrasait les banlieues. Une révolte sociale contre un ministre de l’Intérieur qui salissait leur mémoire quelques heures à peine après le drame et insultait les habitant(e)s des quartiers populaires, contre la pression sécuritaire (contrôles au faciès, arrestations arbitraires...), l’impunité policière et les discriminations qui frappent les habitant-e-s des quartiers populaires.

Il y a quelques semaines de nouveaux affrontements entre des jeunes et les forces de l’ordre sont venus rappeler à la classe politique que le feu couve toujours. Le gouvernement, Sarkozy en tête, répond par l’escalade sécuritaire avec plusieurs descentes de police musclées et ultra médiatisées dans des cités et le renforcement de l’appareil répressif avec le projet de loi de prévention de la délinquance qui prévoit notamment l’allongement de la durée des peines, le renforcement de l’enfermement des mineurs, du contrôle et des sanctions sur les familles (suspension des prestations sociales).

L’intensification de la répression fait écho à la casse sociale (précarité, licenciements, privatisations, attaques contre les des services publics), aux inégalités et aux discriminations. L’exclusion de l’accès aux services publics, la précarité et les discriminations restent le quotidien des habitant-e-s des quartiers populaires. La direction de Citroën a annoncé le mois dernier le licenciement de 300 intérimaires de son usine d’Aulnay en Seine-Saint-Denis. « L’affaire des bagagistes de Roissy » démontre que la stigmatisation des populations issues de l’immigration va jusqu’à faire de la pratique réelle ou supposée de l’Islam par des salariés d’origine maghrébine un motif de rupture du contrat de travail. Le gouvernement et le patronat marchent sur leurs deux jambes en alliant l’insécurité sociale généralisée à la pénalisation de la pauvreté. Il s’agit pour eux de mettre en œuvre un nouveau mode de gestion des désordres engendrés par le capitalisme, aucune société inégalitaire, aussi sécuritaire et carcérale soit elle, n’étant en mesure d’endiguer la « délinquance » comme le démontre l’exemple des Etats-Unis. Face à la violence sociale et à la surenchère sécuritaire du gouvernement la mobilisation doit s’amplifier. Alternative libertaire s’associe à la journée d’action nationale contre le projet de loi de prévention de la délinquance du samedi 18 novembre et appelle à participer aux manifestations qui se tiendront dans de nombreuses villes de France

Alternative libertaire, le 14 novembre 2006

 
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