Présentation du Journal CQFD

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ENFIN UN JOURNAL SANS DVD

C’est la panique dans la presse française. Le pognon des annonceurs s’effrite, les lecteurs désertent fleur au fusil. Pour les ramener au front, un journal ne peut plus se contenter de servir de la bouillabaisse rédactionnelle lardée de publicités, ni d’offrir des réveils-SMS-micro-ondes à ses abonnés. Désormais, la sauvegarde des parts de marché médiatique exige des moyens ambitieux : « La presse française tente de rebondir grâce aux DVD », titrait Le Monde du 10 mai. Du navet sous cellophane pour vendre du papier, voilà qui fait « rebondir » la guerre commerciale ! Tout le monde s’y met : Entrevue (groupe Lagardère) a lancé la tendance avec La vérité si je mens 2, L’Express (groupe Dassault) lui a emboîté le pas avec Indochine, Le Monde (groupe Le Monde), Le Figaro (groupe Dassault) fourgue Le Crabe-Tambour dans ses pages saumon (un film de guerre emballé dans un journal détenu par un marchand de canons, ça fait ton sur ton). [...]

Face à cette avalanche de tout-à-dix-balles où la presse écrite devient prétexte à déverser les fonds de tiroirs des grandes majors du divertissement, nous avons décidé, à CQFD, de mettre en œuvre un concept radicalement novateur : un journal sans pubs, sans phosphates, sans service marketing et sans DVD. [...] Seize pages de critique sociale tirées à 20 000 exemplaires, fomentées et autogérées chaque mois depuis Marseille par une bande de chômeurs, de précaires et d’activistes de tous horizons - des journalistes en rupture de ban, des dessinateurs non modifiés génétiquement, des militants, un prisonnier, un cheminot, un rappeur... Depuis sa création en mai 2003, CQFD apporte la preuve qu’il est possible de faire un journal au culot, à la débrouille, au nez des convenances médiatiques et entreprenariales.[...]

Familiarisés avec le terrain de la déglingue sociale, présents dans les luttes qui nous sont chères (chômeurs, antimilitarisme, immigration, résistance au flicage, droit à la paresse...), nous nous arrogeons la somptueuse prérogative de parler librement et en connaissance de cause de nos ennemis, sans pour autant oublier les faux-amis d’une contestation rongée par l’appétit du pouvoir et la soif de reconnaissance. Nos outils sont la curiosité, l’envie de raconter, la recherche d’informations non prémâchées par les prestataires des multinationales. Toutefois, CQFD ne pourra durablement tenir ce rôle que s’il fournit de quoi croûter aux plus précaires d’entre nous.

Or, si les recettes du journal nous permettent de payer l’imprimeur, le loyer, les envois postaux et les packs de bière, elles sont encore trop justes pour rémunérer le travail et faire face aux aléas (du genre : la plainte en diffamation de la Croix-Rouge française, qui nous réclame 35 000 euros pour un article qui a offensé sa dignité, procès le 16 novembre prochain devant la 17e chambre correctionnelle de Paris).

CQFD, c’est un nouveau numéro tous les 15 du mois en kiosques, librairies et manifs. Vous avez deux euros en poche ? Achetez-le. Vous ne les avez pas ? Volez-le. [...]

CQFD : Abonnez vous !

Abonnement : 20 euros, petit budget 15 euros (chèques à l’ordre CQFD-Le RIRe).

CQFD BP 2402

13215 Marseille cedex 02.

 
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