Communiqué de presse

Varin, criminel économique !

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La direction de PSA a annoncé le 12 juillet 2012 8000 suppressions d’emplois et l’arrêt de la production à l’usine d’Aulnay-sous-Bois, au prétexte de « restaurer sa compétitivité et d’assurer son avenir » (communiqué du 12/07/2012 « PSA Peugeot Citroën présente un projet de réorganisation »). Il s’agit d’une mystification ! Le chiffre d’affaires 2011 était supérieur de 6,9% au chiffre d’affaires 2010 (« Résultat annuels 2011 PSA Peugeot Citroën »). Le résultat opérationnel 2011 s’élèvait à 1,315 miliards d’euros ! En 2011, les dirigeants de PSA se sont octroyé 8,6 millions d’euros et ont jeté par la fenêtre pas loin de 500 millions d’euros en dividendes et acquisition d’actions d’autocontrôle. Autant de preuves que l’argent ne manque pas dans le groupe PSA. Mais PSA n’est plus un groupe industriel : sa direction n’est motivée que par l’activité financière.

La décision des dirigeants de PSA relève du crime économique. Philippe Varin, le PDG de PSA, et tout son directoire, devront en répondre un jour ou l’autre, d’une manière ou d’une autre.

Face à ces agissements socialement irresponsables, le Collectif Alternative libertaire Seine-Saint-Denis réclame la confiscation pure et simple de l’entreprise PSA, c’est-à-dire la dépossession des actionnaires. L’entreprise doit passer immédiatement et sans conditions sous le contrôle intégral de ceux et celles qui veulent et peuvent la faire vivre : ses ouvriers et ouvrières. Les actifs de l’entreprise et sa trésorerie doivent être mis à l’abri de la malfaisance du directoire de PSA.

La fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-Bois est une tentative de meurtre industriel contre la Seine-Saint-Denis. Notre département ne doit pas devenir un désert industriel ni un département-dortoir. L’annonce particulièrement floue et langue de bois d’une « revitalisation du site d’Aulnay » ne trompe personne. Le taux de chômage en Seine-Saint-Denis est de 12,2% de la population active, soit 2,2 points au-dessus de la moyenne nationale, 2,6 points au-dessus de la moyenne de la France métropolitaine. L’emploi doit rester en Seine-Saint-Denis. Mais cet emploi doit être responsable et socialement utile. L’industrie automobile aujourd’hui en est loin. Il est donc d’autant plus urgent de faire passer PSA sous le contrôle des travailleurs et travailleuses, dont les conditions de vie sont directement impactées par l’impact écologique de leur production, et de réorienter rapidement la production vers une production socialement utile, par exemple les transports collectifs.

Le chômage, direct et induit, qui découlera de la décision honteuse de la direction de PSA, va encore fragiliser la population de Seine-Saint-Denis, qui n’en avait pas besoin. Le taux de pauvreté en Seine-Saint-Denis est de 18%, 7 points au-dessus de la moyenne nationale. Qui plus est, le gouvernement PS poursuit sans état d’âme la politique sarkozyste de gel des dotations aux collectivités territoriales : comment les collectivités feront-elles face à la hausse des prestations sociales dont la population séquanodyonisienne aura besoin suite à cette agression économique ? Cette question concerne tout particulièrement le Conseil général : son président (pour quelques jours encore) Claude Bartolone, qui avait hurlé contre les précédents gels et beaucoup communiqué sur son « budget de révolte » en 2010, est bien silencieux face aux décisions iniques de ses amis du gouvernement. Et le nouveau président de l’Assemblée nationale ne semble pas avoir encore trouvé le temps de réagir à l’attaque ignominieuse dont le département dont il est encore président est victime.

Collectif Alternative libertaire 93, le 13 juillet 2012

 
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