Syndicalisme

Congrès de Solidaires : Dépasser les blocages, se renouveler, avancer

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Après deux reports, l’union syndicale Solidaires va enfin se réunir en congrès. Le débat reste ouvert sur certains sujets clivants, et ces assises devraient donner des indications sur la capacité de cette organisation à mobiliser à l’automne.

Du 27 septembre au 1er octobre l’Union syndicale Solidaires espère tenir enfin son VIIIe congrès, déjà reporté deux fois en raison de la situation sanitaire – un congrès exceptionnel, avec 150 délégué·es, avait néanmoins pu se tenir en octobre dernier (voir AL de novembre 2020). Cette fois, près de 400 délégué·es de syndicats professionnels ou d’unions départementales sont attendu·es à Saint-Jean-de-Mont (Vendée).

Outre les propositions de modification des statuts, ils et elles étudieront trois projets de résolution. La première aborde les transformations du salariat et la nécessaire adaptation du syndicalisme, la destruction de la planète et les ravages du capitalisme. L’enjeu est de préciser le projet de société de Solidaires, tout en proposant une stratégie unitaire notamment autour du collectif Plus jamais ça !, associant syndicats et ONG  [1]. Ce premier texte avance comme perspective à court terme une campagne syndicale pour la réduction du temps de travail, ce thème étant l’objet de plusieurs amendements alternatifs.

Le deuxième texte traite des discriminations, et notamment des lacunes dans le corpus revendicatif de Solidaires, par exemple concernant le handicap. Il constitue un des enjeux du congrès, son existence même étant menacée au vu des forts débats qui ont agité Solidaires, notamment sur la partie concernant l’antiracisme, et des débats liés qui traversent tous les collectifs. Les nombreux amendements promettent de riches échanges, mais ne garantissent pas qu’on parvienne à un consensus.

Enfin, le troisième texte concerne l’organisation et la structuration internes, ainsi que les moyens pour renforcer les Solidaires locaux.

Une période difficile pour le syndicalisme de lutte

Ce congrès sera également l’occasion de prendre la température de Solidaires dans une période délicate pour le mouvement social comme pour Solidaires : la «  période Covid  » a entraîné de réelles difficultés tant pour maintenir une vie syndicale que pour renouveler les adhésions, construire des mobilisations, imposer des thèmes…

De surcroît, Solidaires arrive à une période de maturité avec un fort renouvellement générationnel de ses équipes et une augmentation du nombre de structures et d’adhérent·es qui vient questionner certaines règles d’origine. Ainsi, le fonctionnement hérité de ce qui fut, avant 1998, le Groupe des Dix, garantissant une large autonomie et même un droit de veto à chaque structure, interroge lorsqu’il est utilisé pour empêcher l’union de se saisir efficacement de situations qui heurtent ses valeurs.

Ce congrès permettra de confirmer si certaines structures qui s’étaient engagées dans une démarche de déstabilisation reviennent à une attitude plus constructive. Solidaires pourrait alors se tourner vers l’avenir en se mettant en ordre de bataille face à la réforme des retraites et en se remobilisant autour de la campagne qui sera adoptée au congrès, ainsi qu’en s’attelant à relever les défis qui attendent notre syndicalisme tant dans la rationalisation de notre structuration interne que dans le développement dans de nouveaux secteurs du salariat.

Des communistes libertaires de Solidaires

[1Lire « Par ici la sortie de crise », Alternative libertaire, juillet-août 2021.

 
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