Italie-France

Le Val de Suse se mobilise contre le Lyon-Turin

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Avec la mobilisation en cours de développement contre la ligne ferroviaire à grande vitesse qui doit relier Lyon à Turin en passant par le Val de Suse, l’Italie est en train de connaître une des plus fortes mobilisations écologistes de ces dernières décennies. De quoi s’agit-il ? Les États français et italien ont décidé, il y a plusieurs années, de se lancer dans la construction d’une ligne pour train à grande vitesse reliant Lyon à Turin.

Il était entendu que ce projet devait permettre de développer le trafic voyageurs en permettant de gagner deux heures pour relier les deux métropoles européennes. À cela est venu s’ajouter un projet de développement du fret à la suite de l’incendie du tunnel du Mont-Blanc et des mobilisations locales qui se sont développées pour dénoncer l’intensification du trafic de poids lourds dans la vallée de Chamonix et dans celle de la Maurienne.

Par ailleurs, des études d’impact ont permis d’apprendre à la population du Val de Suse que cette partie des Alpes dans laquelle devait être percé le tunnel renfermait de l’uranium et de l’amiante. Elle a pu ainsi s’informer sur les dangers pour sa santé. Bref, ce projet est écologiquement dangereux et son utilité sociale reste à démontrer. En effet, on peut se demander s’il ne serait pas à la fois plus efficace et plus viable de développer des transports ferroviaires régionaux plutôt que tout sacrifier à un TGV qui réduira le temps de transports des hommes d’affaires et servira le développement de grandes métropoles sans pour autant contribuer au développement local et régional.

Depuis plusieurs années des comités se sont développés côté italien pour s’opposer à la réalisation de ce projet et pour réfléchir à des alternatives, tant en matière de fret que de trafic voyageurs, à la fois plus respectueuses de l’environnement et des besoins des populations locales en matière de transports.

En décembre, à l’occasion du début des travaux, des dizaines de milliers d’opposantes et d’opposants au projet ont manifesté côté italien.

Le samedi 7 janvier dernier, 5 000 personnes (dont 4 000 venues d’Italie) ont foulé les rues de Chambéry. C’était la première fois qu’une mobilisation aussi importante prenait racine côté français.

Au-delà de ses enjeux locaux, cette lutte pose la question de la maîtrise des choix politiques et économiques par les populations, mais aussi celle du mode de développement. Elle constitue également une expérience importante de coopération des peuples par-delà les frontières pour pouvoir décider d’un autre futur.

L.E.

 
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