Édito : « Mort aux syndicats »

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C’est aux cris de « salopes », « enculés », « putes à Macron » et de « mort aux syndicats » qu’une troupe bigarrée, mêlant ultragauches, apolitiques et fachos, a attaqué le cortège de la CGT en fin de manif à Paris le 1er mai.

C’est indéfendable, et il ne s’est trouvé que de rares médias « subversifs » pour le justifier, sur la base d’une interprétation préfabriquée : il s’agissait d’une « revanche » sur le service d’ordre (SO) militaro-viriliste de la CGT, qui l’avait bien méritée.

Une revanche anachronique, alors, car le SO de la CGT a connu une vraie mutation depuis quatre ans. Après des violences contre des féministes en 2017, les gros bras ont été écartés, et un nouveau SO, plus démocratique et pluriel, a été mis en place. Il s’agit d’une avancée politique, trop peu connue.

Pour résumer, le 1er mai, une petite foule antisyndicaliste s’est donc vengée du SO « prétorien » de jadis sur le SO contemporain, qui œuvre dans un tout autre registre. Le danger est que ces violences redonnent du crédit aux partisans du muscle, et sabotent la mutation en cours.

Les discours sur « les syndicats qui empêchent les luttes » qui ont fleuri à cette occasion sont un non-sens. Ce sont au contraire les dernières forces collectives capables d’organiser des grèves et des luttes sociales. Les tenants de l’affrontement de rue ritualisé, balisé, sur horaire et itinéraire connus d’avance, ont certes une autre tactique... Mais pourquoi ne pas la mener sans instrumentaliser les manifs syndicales ?

Ce serait faire preuve... d’autonomie.

 UCL, le 22 mail 2021

 
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