Antipatriarcat

Syndiquer les secteurs féminisés : pour une stratégie au long cours

Version imprimable de cet article Version imprimable


Le salariat féminin est le plus concerné par les déserts syndicaux. Les raisons à cette situation sont multiples : plus de précarité, de pauvreté, travaux d’éducation des enfants, d’entretien du domicile, de solidarité familiale…

Les syndicats de classe, comme Solidaires et la CGT, proclament depuis un moment leur volonté de s’attaquer à la très faible syndicalisation des secteurs d’emplois féminisés (commerce, soins, aide à domicile…). La direction de la CGT a d’ailleurs récemment dévoilé le lancement d’une campagne sur la question. C’est une bonne nouvelle, mais son contenu reste très décevant  [1].

Crédit Photo : Photothèque Rouge / Marc

La volonté de nos organisations syndicales, confédérations, fédérations, unions interprofessionnelles et syndicats ne donnera de réels résultats que si une condition nécessaire est remplie avant toute chose  : que des moyens financiers et en temps syndical soient spécialement affectés, au plus près du terrain (unions locales et départementales), pour syndiquer en masse le salariat des secteurs féminisés. Ce qui n’est pas du tout le cas actuellement.

De plus, la promotion de femmes syndiquées pour l’animation de ce travail est impérative. S’engagera alors une action permanente, de long terme, avec des débats et des bilans sur les pratiques syndicales que les syndiquées concernées mettront en œuvre. Autre condition incontournable, celle qui impose que les violences sexistes soient bien plus radicalement combattues dans nos syndicats.

Les bons résultats obtenus par les syndicats d’assistantes maternelles aux élections des TPE en 2021 montrent de nouveau que c’est possible. Ce syndicalisme de métier n’est pas un obstacle insurmontable pour le syndicalisme interprofessionnel.

Des métiers précaires et racisés

Mais une autre dimension est à prendre en compte, en particulier pour les métiers du soin et du domicile. Ils sont de plus en plus occupés par des femmes provenant d’autres continents, forcées de migrer vers les pays riches du fait des conséquences des politiques impérialistes et néolibérales provoquant guerres et paupérisation.

Ce phénomène de «  racisation  » de ces emplois ne doit pas être ignoré, bien au contraire. Cela va imposer des démarches spécifiques. La lutte au travail contre les effets des politiques racistes d’État renforcera nos organisations syndicales et les campagnes de syndicalisation dans ces métiers.

Il y a ici beaucoup de boulot pour le syndicalisme de luttes de classe. Mais en passant sérieusement des déclarations aux actes concrets, nous sommes certain·es que la réussite est au bout. La place incontournable de ces secteurs, démontrée par la pandémie du Covid-19, en est la garantie. Et alors la peur va changer de camp …

Michel (UCL Vosges)

[1«  Emplois féminisés : quels moyens pour une syndicalisation massive ? », communistes libertaires de la CGT, 6 avril 2021.

 
☰ Accès rapide
Retour en haut