Sud-Éducation : Une fédération rajeunie et féminisée

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Réuni du 21 au 25 mai à Montpellier, le VIe congrès de la fédération Sud-Éducation a rassemblé près de 300 délégués pour les 71 syndicats et presque 5 000 adhérents que compte le syndicat.

Du haut de ses 16 ans, la fédération Sud-Éducation est l’une des doyennes de la « galaxie » syndicale alternative aujourd’hui rassemblée dans l’Union syndicale Solidaires. Organisant l’ensemble des personnels de son champ de syndicalisation, quel que soit leur statut et leur fonction, le plus souvent au niveau départemental, Sud Éducation continue de vouloir faire vivre un syndicalisme de lutte, inter-catégoriel et interprofessionnel. Difficile face à un champ syndical dominé par des organisations majoritaires – FSU et Unsa – marquées par le corporatisme et bien souvent enlisées dans la cogestion.

Difficle, mais pas impossible. Ainsi la fédération Sud-Éducation a réussi à sortir représentative des dernières élections d’octobre 2011 [1]. Au regard des modalités de vote (électroniques…) et des nouvelles règles de représentativité, c’était en soi une réussite pour Sud-Éducation de franchir cette épreuve. Il faut toutefois reconnaître que cette « victoire » reste modeste et que dans plusieurs scrutins, Sud-Éducation a enregistré des reculs attestant d’un développement encore insuffisant mais aussi d’un manque de visibilité et de cohérence stratégique qui s’est accentué ces dernières années avec par exempleplusieurs « ratés » dans des appels à la grève au plan national par exemple.

[*Quel fédéralisme ?*]

Bouclant une année d’intense activité militante dans l’Éducation nationale, ce VIe congrès aura manqué de préparation. Il était malgré tout manifeste qu’un des enjeux centraux était la question du projet fédéral mis en œuvre par les syndicats Sud-Éducation. Deux visions semblent s’opposer entre des camarades, hantés par le « risque bureaucratique », partisans d’un fédéralisme a minima, arc-bouté sur « l’autonomie des syndicats », et d’autres souhaitant une fédération capable de réagir au quotidien, d’être un soutien à l’activité locale des syndicats, de peser dans les luttes de son champ professionnel [2]. Et si ce débat est effectivement central, il n’est pas aujourd’hui abouti au sein de Sud- Éducation.

[*Deux cents amendements*]

« Développement du syndicat et stratégie d’orientation », « Quelle école de la petite enfance à l’Université ? » ou encore « Sud-Éducation et Solidaires dans le paysage syndical national et international » : près d’une trentaine de textes et presque 200 amendements (!) étaient censés nourrir les travaux des congressistes… Assez inévitablement, cela aura eu raison de l’architecture initiale du congrès et certains débats sont remis à plus tard notamment celui sur l’investissement dans Solidaires. Mais un congrès, c’est aussi un moment important dans la vie d’une organisation, l’occasion d’en prendre le pouls. Et pour le coup, au regard des délégations, ledit congrès a donné l’image d’une Fédération rajeunie et féminisée ayant largement entamé le passage de relais entre la génération issue des combats du Sgen-CFDT et/ou de l’École émancipée et celle forgée dans les mouvements sociaux de 2003, 2006 et 2010. Appuyé sur des syndicats de terrain de plus en plus dynamiques, Sud-Éducation continue indéniablement d’incarner un point de ralliement pour celles et ceux qui se battent pour « une autre société et une autre école ».

Des communistes libertaires de Sud-Éducation

[1Voir « Éducation nationale : des élections piégées », dans AL n°213 de janvier 2012

[2Un vieux dualisme persiste entre radicalité idéologique et travail syndical de lutte mais néanmoins pragmatique. Voir « Ve congrès : entre utopie et syndicalisme de terrain » dans AL n°185 de juin 2009.

 
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