Collectifs locaux : La base syndicaliste s’impatiente

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Derrière le mot d’ordre « ne payons pas leur crise », les bureaucraties confédérales n’impulsent aucune riposte sérieuse. Plutôt que de confire dans la frustration, des équipes syndicales locales s’associent par-delà les étiquettes pour réclamer une mobilisation digne de ce nom. État des lieux.

L’intersyndicale nationale qui se réunit depuis le dernier trimestre 2008 a un effet dynamique indéniable, avec des mobilisations de masse le 29 janvier, le 19 mars et le 1er mai. Mais, dans le même temps, sa grande modération, le refus de la CGT, de la FSU, voire de FO de créer un front plus radical avec Solidaires créent de l’insatisfaction dans de nombreuses équipes militantes. Plusieurs initiatives départementales traduisent une volonté d’agir au-delà des seules journées d’action bimestrielles. Malheureusement, trop de structures sont « aux ordres » et évitent d’afficher publiquement leurs critiques.

A Lille, l’Espace de convergences intersyndicales fait travailler ensemble des militantes et des militants aux histoires, cultures et organisations différentes : syndicalistes CGT, Solidaires et FSU. Manifestations interprofessionnelles, soutien aux salarié-e-s d’entreprises qui licencient, rassemblements de solidarité avec la Guadeloupe se sont succédés au premier trimestre. Mais la question de l’élargissement au-delà des cercles militants n’est pas résolue ; la création de collectifs plus locaux (Boulogne-sur-Mer, Douai, Dunkerque, Lille…) est une piste ; l’évolution des débats dans les secteurs CGT opposés à ligne confédérale (Métallurgie 59/62, par exemple ) est également une clef.

Autour de l’imprimerie Morault

A Rennes, l’appel intersyndical a lui aussi du mal à prendre une dimension de masse. Signé par des syndicalistes Solidaires, CGT, FSU, Unef, et aussi quelques isolés de FO et de la CFDT, l’appel ne rencontre pas l’écho espéré du côté de la CGT, en dehors des initiateurs, membres du syndicat des Communaux. Le 24 février, un meeting unitaire, avec notamment Baptiste Talbot, secrétaire général de la fédération CGT des Services publics et Annick Coupé, porte-parole de Solidaires, a rencontré un succès certain… mais n’a pas permis de passer un cran au-dessus.

Palier l’apathie des directions confédérales

De Tours a été lancé un appel « Pour un printemps des luttes », signé par des syndiqué-e-s Solidaires, CGT, FSU, CNT et Unef. Le texte est un premier jet, mais pour les camarades de Tours, « l’enjeu porte évidemment dans sa diffusion la plus large possible et la capacité à fédérer le plus de monde possible, comme de développer les capacités à l’auto-organisation et constituer un réseau qui puisse palier l’apathie des directions syndicales ».

A Rouen, un collectif ne rassemble guère que des militantes et des militants politiques, sans mandat de leur structure syndicale, mais non loin de là, à Saint-Etienne-du-Rouvray, des syndicats CGT, Solidaires, FSU et CFDT se sont retrouvés autour de la lutte de l’imprimerie Morault et poursuivent le travail en commun.

Citons encore Bordeaux, Le Havre… sous des formes diverses, des tentatives de collectifs unitaires existent dans différentes localités. Une de leurs limites est qu’un certain nombre de signataires individuels ne sont pas en mesure d’engager leur section syndicale qui, du coup, ne se sent pas plus impliquée que ça… ce qui ne contribue pas à transformer ces appels en initiatives de masse. Par ailleurs, la question d’une suite nationale à ces démarches locales est posée. C’est nécessaire pour que ces appels fassent avancer l’auto-organisation et l’idée d’une grève générale interprofessionnelle.

Mouldi C. (AL Transcom)

- Espace de convergences intersyndical du Nord-Pas-de-Calais : www.appelmilitant.org

- Appel de syndicalistes d’Ile-et-Vilaine : www.syndicalistes35.infos.st

- Pour un printemps des luttes (Indre-et-Loire) : www.printempsdesluttes.over-blog.com

 
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