Gestation pour autrui : La GPA n’est pas une gay PMA

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Après l’ouverture du mariage aux couples homosexuels, le débat autour de la procréation médicalement assisté pour les lesbiennes et de la GPA pour les gays est relancé, posant parfois comme équivalentes deux procédures qui ne le sont pas.

Hors mariage, le deuxième parent ou la deuxième parente n’a pas de droits envers l’enfant fabriqué ou adopté par son ou sa partenaire. L’adoption à deux ou l’adoption de l’enfant de l’autre sont impossibles. Il convenait donc que la société prenne en compte l’homoparentalité. Elle existe et elle est légitime. Au lieu d’en profiter pour revoir totalement les règles de relations adultes-enfants et de regarder en face les nouvelles configurations familiales, le pouvoir socialiste prétend défendre l’égalité en intégrant tout le monde dans l’institution réactionnaire et patriarcale du mariage.

Avec l’ouverture du droit au mariage, on commence à parler de droit à l’enfant : ouverture de l’accès à la PMA et à la GPA, techniques qui permettront aux couples homos de fabriquer leurs propres bébés. La PMA, ce sont toutes les techniques de procréation qui dépassent la nature et utilisent la médecine. Pour les couples lesbiens, on utilise le terme pour la fécondation in vitro avec donneur anonyme. L’ovule et le spermatozoïde se rencontrent dans une éprouvette et l’œuf est implanté dans la mère. C’est l’équivalent médicalisé du « pote + seringue ». Le donneur anonyme n’a fait l’objet d’aucune violence, n’a pas été payé et l’intégrité de son corps est intacte. Ce droit doit être ouvert à toutes les femmes, seules ou en couple, qui en ont le désir.

Marchandisation

La GPA, gestation pour autrui, consiste à faire porter l’enfant par une autre femme que la mère, le terme hypocrite est « mère porteuse », là où il ne s’agit que de location d’un corps (pas d’un utérus, une grossesse affecte tout le corps) et pas de maternité. La mère porteuse peut fournir l’ovule ou non, la fécondation est en éprouvette aussi. Certains pays autorisent cette location : pas la France au nom du fait que le corps est inaliénable, qu’on ne peut pas le vendre, entier ou en morceaux. C’est le dernier rempart contre la marchandisation totale du corps des femmes pauvres. Les partisans de la légalisation de cette pratique parlent de solidarité, de partage... Ce qui est vrai quand une sœur ou une cousine donne un enfant à une sœur ou une cousine.

La GPA est autorisée en Grande-Bretagne, mais pas rémunérée, on y trouve peu de mères porteuses, la solidarité avec des inconnu-es n’est pas un motif suffisant pour donner peut-être sa santé et neuf mois de sa vie. Aux États-Unis, c’est autorisé et cher, en fonction du niveau de diplôme de la femme... En Inde et en Ukraine, c’est autorisé aussi, et c’est bon marché. La GPA est au croisement des oppressions capitaliste (des riches font porter à des pauvres), patriarcale (des femmes sont transformées en couveuses sur pattes) et racistes.

La GPA doit rester interdite. Les couples d’hommes ont plus de moyens économiques que les autres couples (les hommes gagnent plus que les femmes...), la tentation est forte d’acheter des GPA à l’étranger (comme cela se pratique déjà) et de militer pour sa légalisation en France . Il est probable que certains vont crier à l’inégalité et réclamer la GPA si la PMA est autorisée. Résistons. On ne corrige pas une inégalité par une oppression de plus. Et c’est peut-être l’occasion de s’interroger sur le poids du conditionnement social dans les impératives envies d’enfants.

Christine (Al Orne)

 
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